photo Alexandra Colmenares Cossio Courtesy the Artist
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RAFFAELLA CRISPINO | VERSION AUGMENTÉE

Visuel issu du Magazine de Saison « augmenté » du Centre ABSYS - Saison « Futurs spéculatifs » - édition 2. 
 

Chaque édition d’ABSYS est augmentée de contributions d’artistes invité.e.s à présenter une œuvre.

Après ses études de scénographie à l’Académie des Beaux-Arts de Naples et un master en Arts visuels au IUAV de Venise, Raffaella Crispino participe à différentes résidences de recherche au HISK à Gand, au CCA Kitakyushu (Japon), au JCVA à Jérusalem, au Casino Luxembourg ou encore au Real Presence à Belgrade. Son travail a été exposé internationalement et primé à différentes reprises. En 2018, elle fait partie des 10 artistes commissionnés par la Fondation Kanal pour réaliser une oeuvre dans le cadre de l’ouverture du nouveau Musée Kanal Centre Pompidou à Bruxelles, oeuvres destinées à former la base de leur nouvelle collection. Elle a aussi participé à la 6e Biennale de Thessalonique en 2017 et à la seconde Bat-Yam Biennale of Landscape Urbanism en Israël en 2010.

Dans sa pratique, Raffaella Crispino se nourrit de situations micros et locales, qu’elle met en relation avec des dynamiques socio-politiques macros. Comme pour les média qu’elle utilise, ses recherches de différentes natures sur les matériaux ou l’histoire se croisent et s’influencent. Anonymat et individualisme, migration et temps, territoire et histoire, exotisme et quotidien sont des enjeux récurrents dans sa pratique.

Laura, Sarah, Yara, Meredith, Chiara, Melania, Deborah, Veronica, Roberta, Pamela, Marianna, Elisa, Eleonora, Rosaria, Charlotte, Stefania, Donatella

Une vingtaine de paysages sont peints sur des séries de faux ongles. Chacune de ces vues pittoresques représente une région, une ville ou un village italiens, dans lesquels des femmes ont été victimes de féminicide. Cette cartographie de paysages fait écho à la chronique italienne, qui enregistre un féminicide tous les deux jours.

Pour moi, les ongles entretiennent un lien fort avec les notions d’attaque et de défense. Alors que dans un contexte ordinaire ils suivent tout simplement la forme de la main, ici ils sont en revanche posés les uns à côté des autres, non sans rappeler des dents. Dans certaines cultures le fait de montrer ses dents est un acte symbolique, qui sert à montrer sa propre force à l’ennemi.

En dessous des ongles, une sélection de coupures d’images de fleurs sont adossées au mur, directement du sol, les unes à côté des autres. Ces images évoquent l’acte de poser des fleurs, par terre et sur les murs dans les espaces publiques, en mémoire des personnes décédées. Formes, couleurs et lieux d’appartenance différents, qui révèlent toute la beauté dans leur unicité et dans la fugacité de leurs brèves existences.

Raffaella Crispino, Una Mia Folle Idea
HD video 16:9, color, sound, 10:39 min
Raffaella Crispino , 2019, photo Alexandra Colmenares Cossio Courtesy the Artist


L’installation dialogue avec une autre oeuvre : Una mia folle Idea, une vidéo dans laquelle j’ai invité une psychologue napolitaine à parler du féminicide, pendant qu’elle se fait faire une manucure.

01 janvier > 31 décembre 2020
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