Pierre Debusschere

Pierre Debusschere | VERSION AUGMENTÉE

Spectrum

Avec « Spectrum », Pierre Debusschere propose un nouveau regard sur les corps et l’identité.

L’artiste belge livre, après de nombreux projets dans l’industrie de la mode, un travail photographique plus intime autour de l’identité du genre.

Peu de temps après avoir terminé ses études, Pierre Debusschere (1984) n’a pas tardé à être désigné, par le milieu de la mode, comme une nouvelle voix importante dans la création d’images. Aujourd’hui, il compte désormais, de nombreuses publications dans des magazines tels que Vogue Italie, Vogue Allemagne, Exhibition Magazine, AnOther Magazine et Atmos. Par ailleurs, parmi ses clients figurent aussi : Dior, Chanel, Givenchy, Louis Vuitton, Raf Simons, YSL, Nike, Calvin Klein, Chaumet et MAC.

Chargés de sens et de symbolisme, ses projets commerciaux comme personnels invitent à l’interprétation et laissent une place à celui qui regarde. Notamment par une forme de tension, qu’il impose dans ses visuels, en jouant de manière innovante avec les frontières de son médium : jeu de couches picturales, déformations numériques, etc. Face à ces images mouvantes, nous ne pouvons que nous questionner : faisons-nous encore face à de la photographie ou à une nouvelle forme d’art visuel ? Les frontières se brouillent et les définitions manquent. Cependant, bien qu’il ne cesse d’expérimenter, sa fascination pour ses thèmes de prédilection demeure : le mouvement et la forme humaine.

En 2013, suite à une invitation de la villa Noailles dans le cadre du Festival de Hyères, il produit son premier film « I Know Simply That The Sky Will Last Longer Than I ». Le film a ensuite été présenté en live à Bruxelles, accompagné par l’orchestre de l’Opéra de la Monnaie, à New York et Milan. Plus qu’un moyen métrage, ce projet regroupe un film, une édition papier et une série de portraits.

La musique est la source et le moteur de ses projets visuels. En plus de collaborer avec la scène avant-garde de la musique électronique sur des projets plus expérimentaux, il n’hésite pas à travailler avec des musiciens, dans la réalisation de leurs clips. C’est ainsi qu’il a réalisé pour Alicia Keys, le clip « In Common » et pour Beyoncé « Mine » et « Ghost ». Il co-réalisa avec elle dernièrement, certaines parties de son film, « Black is King », une fresque poétique et politique.

En 2018, il présente « UNcovered » au MAD à Bruxelles. Explorant les thèmes de l’intimité, la protection, et du recouvrement, cette exposition fut composée d’une installation filmique où l’écran de projection était suspendu au plafond, et plus de 90 photographies toutes rassemblées dans une édition publiée par Triangle Books. L’exposition a ensuite voyagé jusqu’au Japon.

Parallèlement en 2017, il co-fonde le « 254Forest ». Cet espace collectif de création rassemble un co-working, un studio d’enregistrement, un studio photo, et la “Room”, l’espace-galerie.

SPECTRUM ou la célébration de diversité

Dans la Room, Debusschere a présenté, en septembre dernier, son dernier projet personnel : « SPECTRUM ».

En mêlant l’influence de la sculpture classique, à la colorimétrie symbolique de l’identité gay, le photographe livre une interprétation plastique de ses questionnements sur la construction identitaire. Ses images représentent des corps binaires et non-binaires enveloppés dans des tissus monochromes, afin de maintenir une forme d’anonymat voulue. Ce dispositif encourage ainsi, le spectateur à se projeter dans l’image. Par ce processus, l’artiste revendique la possibilité de choisir son propre corps. Dans son oeuvre, l’abstraction protège, libère et déjoue la censure et l’idéalisation des corps, pour tenter d’interroger des notions plus vastes et universelles, comme la liberté, le spectre du genre, du sexe, de l’identité et des normes de notre société.

01 janvier 2019 > 29 mai 2021
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