Noemie Goldberg

Noemie Goldberg | VERSION AUGMENTÉE

Nogold - Attraper l‘espace pour redessiner le monde

Mon jardin diffracté

In situ, Parcours d’artistes #Uccle, Bruxelles 2017,
miroirs, peinture pour façade

J’ai ici, imaginé un monde autrement regardé, affranchi
de tout repère, où la notion de lieu serait mise en jeu.
Je voulais explorer une réalité sens dessus dessous,
imprégnée d’incohérence. Pour cet in situ, entre peinture
du paysage et expérience de l’espace, je suis partie
de mon jardin, que je tordais en anneau de Moebius,
où l’ordonnancement rationnel et autoritaire du visible
rencontrerait une nouvelle cohérence spatiale, devenant
collage changeant au gré des déplacements, pris dans
un inconnu de l’espace, où tout est en même temps,
proche et lointain, dedans ehors, en haut en bas,
un cosmos aussi malléable que ma feuille de papier,
libéré du visible et des rapport spatiaux usuels, qui invite
l’imagination au-delà du concret, là où ciel, sol, voisinage,
perdent toute cohérence, se jouent des limites de notre
imaginaire spatial, un lieu pris entre l’infini et le monde,
où s’égarent le ciel et la terre. J’ai cherché à saisir
la matière paradoxale et mystérieuse de l’espace,
faite de failles, de ruptures, d’ombres, de lumières.
S’en est suivi la venue d’une plasticité inouïe, où la réalité
inébranlable, les sens, se défont, dans la malléabilité
insensée de spatialités inextricables, qui habitent
l’espace, et qui font le monde.

01 janvier 2019 > 29 mai 2021
Noemie Goldberg

Noemie Goldberg /nogold travaille in situ dans le champ de la réalité, afin de perturber l’espace et faire expérimenter au public la dimension plastique, malléable et multidimensionnelle du monde. Artiste-chercheur elle vise à dégager l’espace de nos modèles usuels de représentation par le hors-sens spatial qu’amènent ses interventions. Il n’est pas ici question d’oeuvres mais plutôt de « capteurs d’espace » pour nous immerger dans des expériences spatiales sensibles et éphémères et nous faire sentir combien l’espace du monde est une texture abstraite aux dimensions équivoques.

Après des études de Droit, Noémie Goldberg entame des études de Dessin aux Beaux-arts de Bruxelles parallèlement à un poste de chercheur à l’Université, contrat qu’elle ne renouvellera pas afin de poursuivre la recherche à travers une pratique artistique, pour « être certaine de ne jamais trouver ». Son approche de l’art implique pour elle, de se libérer de la cohérence familière de l’espace. Il s’agit d’un pari : s’ouvrir à un monde hétérogène où coexisteraient visible, sensible, extra-sensible, afin de toucher le horssens de l’espace. Dans sa quête d’un « ici et maintenant » inusuel et énigmatique de l’espace, elle tente la liberté de l’éphémère et de l’in situ, avec une vision d’ouverture des champs et de rencontres transversales. Elle voyage pour s’ajouter les pensées autres du monde (touaregs dans le désert du Mali, musiciens de Cotonou, collagistes de Rio, Inuits et nuit polaire sur la banquise du Grand Nord,...), se retire dans des ermitages, pratique la méditation,.., ces aventures tant extérieures qu’intérieures ayant pour finalité d’explorer et saisir les formes inusuelles de l’espace tapies dans notre réalité.

Master en Dessin (ArBA-Esa) et Master en Droit (Université Libre de Bruxelles), Belgo-française, vit à Bruxelles.

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