Marnie Slater

Marnie Slater | VERSION AUGMENTÉE

Le Madame Club

(Brussels 1981–1983) (2019), oil on canvas, 84 x 60 cm, installation view, CRAC Alsace, Altkirch.

Je suis un artiste d’Art visuel d’Aotearoa Nouvelle-Zélande et je vis à Bruxelles depuis près de dix ans maintenant. Ma première rencontre avec l’idée de devenir artiste a eu lieu dans le département de sculpture de mon programme de licence, où j’ai ensuite suivi quatre années d’études dans un programme artistique interdisciplinaire. Mon travail a continué à se matérialiser sous de nombreux formats différents, notamment la performance, l’écriture, les ateliers, l’installation, le dessin, la peinture et des collaborations.

Au cours des dix dernières années, j’ai travaillé de deux manières parallèles qui se rencontrent et se matérialisent dans le tableau Le Madame Club (Bruxelles 1981- 1983) : l’engagement envers la recherche de matériel d’archives et la collaboration à long terme. Mon intérêt pour les archives a commencé en 2010 lorsque j’ai commencé à travailler sur les traces de Claude Cahun et Marcel Moore, belle-soeur, amantes et artistes dont le travail photographique et l’héritage ont formé le cadre de ma performance By Written I Mean Made (2016-en cours), parmi de nombreux autres projets. Je travaille actuellement sur la transcription d’un procès à Londres au début des années 1900 impliquant la danseuse Maud Allan, la pièce Salomé d’Oscar Wilde, et l’idée merveilleuse qu’un interprète queer peut transférer sa « queerness » à un public simplement en exerçant son métier.

Ma première collaboration en Belgique a commencé avec Alberto García del Castillo en 2014. En réponse à ce qui nous semblait être un manque de représentation queer et féministe sur la scène artistique locale, nous avons créé Buenos Tiempos, Int. Un espace d’exposition et de production collaboratif en ligne centré sur la « Faggotery » et le« transvestism power » c’est-à-dire le combat contre les stéréotypes gays et transgenres. Je fais également partie d’une équipe de 13 queers extraordinaires qui dirigent Mothers & Daughters , un « Lesbiennes* et Trans* Bar » à Bruxelles, un espace communautaire éphémère, et un projet artistique par et pour les lesbiennes et les transsexuels et leurs amis. L’édition 2018 de Mothers & Daughters comprenait une exposition, « BAL », qui a été développée par Jessica Gysel, Loraine Furter, Mia Melvær et Roxanne Maillet. L’exposition a été construite avec du matériel éphémère compilé à partir de recherches d’archives sur les espaces lesbiens en Belgique entre 1953 et 2003.

Lorsque nous avons créé Mothers & Daughters en 2017, Bruxelles n’avait pas eu de bar lesbien depuis 15 ans, et une partie du processus « BAL » consistait à retracer les nombreux bars lesbiens qui existaient dans la ville depuis les années 1950. Cette recherche a été menée à la fois dans les archives LGBT en Belgique, et dans les collections personnelles et les histoires orales des personnes qui fréquentaient les bars et clubs lesbiens du passé. Dans ce dernier cas, une série de photographies a été partagée qui documentait les amies et les couples qui fréquentaient le Madame Club, partageant des boissons, dansant et flirtant. Je fais partie de l’équipe de Mothers & Daughters qui est responsable de la rénovation du décor des différents espaces que nous occupons pour chaque édition de notre bar, j’ai donc été particulièrement intéressée par la façon dont ce club a été décoré. Sur les photos, il y avait des murs sombres, des nappes blanches, des fleurs, des rideaux étincelants et des peintures accrochées aux murs. Le Madame Club (Bruxelles 1981-1983) est le premier d’une série de tableaux recréés à partir de ces photographies.

01 janvier 2019 > 29 mai 2021
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