Maëlle Dufour

Maëlle Dufour | VERSION AUGMENTÉE

Outre-tombe

Dans le cadre de la triennale Art Public 2020, Maëlle Dufour présente sa nouvelle pièce montée in situ dans la ville de Liège : Outre-tombe. L’installation porte un questionnement sur le progrès au coeur de deux époques : aujourd’hui et les premières années du siècle passé qui menèrent à la Grande Guerre. Maëlle Dufour y explore les traces de leur décadence et des prémices d’espoir. Elle affirme aussi rendre hommage aux éveilleurs de conscience qui font réfléchir au sens de l’évolution humaine. L’installation est composée de plusieurs éléments : un quadrillage au sol jalonne le parcours sur le mode intuitif ; une fusée s’élève dans la cour ; un faisceau d’informations documente l’histoire de Chameseddine Marzoug et Lihidheb Mohsen qui s’attachent à rendre une dignité aux dépouilles de migrants morts en Méditerranée. Certes, la fusée s’impose comme la composante forte de l’intervention : « Elle évoque aussi bien les engins spatiaux capables de repousser les limites de notre monde que les missiles militaires, explique l’artiste ; le progrès est à double tranchant. On peut y passer la tête pour voir la page de garde d’une édition des Mémoires d’outre-tombe de Chateaubriand. C’est tout ce qui reste de la bibliothèque de la Société libre d’Émulation incendiée par les troupes allemandes en août 1914. Pour moi, l’inconnu qui a recueilli ce morceau de papier voici plus d’un siècle fut, par son geste attentionné de sauvegarde, un marqueur de progrès comme Marzoug ou Mohsen le sont aujourd’hui.

Maëlle Dufour crée des systèmes complexes qui interrogent le progrès au coeur des époques passées, connues et futures. Elle questionne l’origine, la mémoire et la renaissance (ou son absence) : détruites par la nature elle-même ou par les hommes qui se sont battus pour ses sols, les ruines de ces sociétés déshumanisantes et déshumanisées sont-elles les fondements d’un renouveau?

La confrontation physique entre son travail et le spectateur est déstabilisante, la taille et le poids des pièces dépassant toute échelle humaine nous rappellent constamment la vulnérabilité de notre propre existence. À travers des systèmes-sculptures, elle explore « une archéologie des déchets », précieuses sources d’information, prodigieux héritages physiques légués à ceux qui sont encore à naître.

01 janvier 2019 > 29 mai 2021
Maëlle Dufour

Maëlle Dufour (1994, Bruxelles) est une artiste plasticienne qui a étudié la sculpture à L’ENSAV La Cambre (Bruxelles) et à la Finnish Academy of Fine Arts (Helsinki). Depuis 2014, elle expose en Belgique et à l’international, tel qu’au BPS22, l’ISELP, Les Brasseurs, le Kanal Centre Pompidou, participe à la triennale Art Public, la biennale de Mulhouse, Artagon III (à Paris) présidé par Hans Ulrich Obrist, la biennale Artour, Free Space for Arts (Helsinki) et Centre Culturel de Sartène. Elle prend part également à des résidences, notamment au RAVI (Liège), à la MAAC (Bruxelles), à la Shake Résidence Nomade (Tunis), au Drugstore Beograd (Belgrade) et au Cinema Mele (Pizzo).

Son travail a été primé par des prix et bourses, notamment le Prix Sofam de la biennale Watch this Space 2019, le Prix de la Commission des Arts de Wallonie 2018, le Prix de la Jeune Sculpture de la FWB 2020 (public), la bourse d’aide à la création de la FWB, ainsi que le Prix de la Province de Hainaut 2018 , grâce auquel elle travaille actuellement sur une édition qui devrait voir le jour en début 2021, en partenariat avec l’éditeur CFC.

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