Eva L'Hoest

FOCUS Eva L’Hoest

La 25ième heure de la Saison 2020#Futurs spéculatifs du CWB/Paris
>>>>>>> FOCUS#Eva L’Hoest dont l'oeuvre « UNDER AUTOMATA » (2016) est actuellement présentée dans l’expo SIGNAL espace(s) réciproque(s) à la Friche la Belle de Mai (Marseille) - commissariat Lola Meotti & Aurélie Faure.

Le film « Shitsukan Of Objects », produit dans le cadre de la Biennale de Lyon 2019 est actuellement présenté dans l’exposition "ShapeShifter" du Musée de Malmö en Suède :



Eva L’Hoest explore les façons dont toutes les natures d'images mentales, en particulier le souvenir et la réminiscence, trouvent à se re-matérialiser dans une forme technologique. Elle poursuit avant tout l'exploration de la mémoire et de son infime et étrange réalité subsistante. Pièces après pièces, l’artiste s’approprie les technologies de son contemporain pour révéler à la fois leur nature de prothèses d'appréhension du monde et leur potentiel en tant que médium artistique.
 

Certains procédés de tournage ou de captation engagent fortement le corps et laissent des traces dans l'épaisseur de l'image finale. En amont du montage, il y a une confrontation effective avec la réalité, qu'elle soit physique ou psychologique et souvent les deux ensemble : scanner en pleine nuit les passagers endormis le long du couloir d'un avion long-courrier, filmer de nuit sur une barque le littoral rocheux d'une île en tenant à bout de bras la torche et la caméra, capturer les regards des passagers d'une voiture voisine en calquant sa vitesse, etc. Les exemples sont nombreux dans son travail de performances
de capture du réel qui intensifient sa relation à lui, qui augmentent, dans le risque ou l'effort, la densité d'une expérience initiale de confrontation à ce qui existe. Ces moments, loin d'être anecdotiques,
constituent la matrice de tout ce qui vient ensuite, dans le montage et les traitements informatiques, pensés et utilisés pour traduire, par un appareillage parfois sophistiqué, cette consistance.

 

Anne-Françoise Lesuisse


 


▷ Under Automata, loop Single-channel Video, Full HD, 00:07:55

▬ Au dessus de l'Atlantique, des dormeurs sont scannés manuellement par l’artiste le long du couloir d'un avion long-courrier. Under Automata réalise le portrait d'une scène contemporaine au moyen d’une technologie issue de l’industrie du jeu vidéo. Outil anthropométrique, cette caméra utilise la même technologie que les systèmes de surveillance tel que le « Full Body Scan » des aéroports. Les corps, les objets ne sont que partiellement recomposés par le logiciel, ce qui donne lieu à un plan cinématographique autant qu'à la vision d'accidents de la substance-image. Texte issu du catalogue des Rencontres Internationales Paris-Berlin, Anne Françoise Lesuisse, 2018


▷ Captives, 2014Single-channel Video, 1440/1920p, 00:07:55
Bande son: François Boulanger

▬ Captives est un film sur l’infiltration du numérique dans la sphère privée, l’hyper-sécurisation des zones périurbaines et son climat de contrôle. Durant une période d’environ six mois, le film documente des intrusions nocturnes dans des propriétés privées de différentes banlieues de Belgique. Ces lieux de vies modernes ou décors inhabités aborde le rêve par sa dimension de fuite et d'abandon. Les séquences ont été enregistrées dans la tension d’une possible confrontation avec les propriétaires à travers lesquelles un document du réel se mêle au territoire de fiction.


▷ Paraphe, 2015 
Single-channel Video, 1440/1920p, 00:07:55

▬ Le travelling constitue ici aussi la colonne vertébrale du travail qui alterne des plans ralentis de conducteurs, littéralement traqués, des heures
durant, sur les autoroutes qui traversent l'Allemagne, la Pologne, la Slovaquie et la République tchèque. Rien de l'image originale n'est
nettoyé : on y sent la pluie, la poussière, le vent, les textures des sièges, des barbes mal rasées, des peaux abîmées, des carrosseries lustrées ou sales. Ici à nouveau, le travail de digitalisation transmue le bruit en un son presque blanc et l'image chargée d'informations visuelles en N/B et négatif. Ces opérations donnent une dimension spectrale aux personnages tout en faisant deux des miroirs inquiétants et familiers.
texte : Anne Françoise Lesuisse

La 25ième Heure
Eva L'Hoest

EVA L'HOEST Née en 1991 à Liège. Vit et travaille à Bruxelles. Benjamine de notre sélection, Eva L'Hoest recourt à la technologie en repoussant au maximum ses limites afin d'explorer l'ambivalence des images numériques. Fascinée par les affects souvent contradictoires et l'état d'hypnose que ces dernières génèrent en nous, elle crée des vidéos qui nous conduisent vers des mondes vides de présence humaine où règne une ambiance post apocalyptique. Filmées avec une extrême lenteur comme une mémoire en errance, elles nous propulsent dans des territoires dominés par l'absence et une certaine mélancolie. Dans une de ses premières oeuvres, Captives (2014), Eva L'Hoest introduit en pleine nuit une camera numérique dans l'espace privé et ultra-sécurisé de zones d'habitation suburbaines qui apparaissent tels des décors abandonnés. Tournée à l'aide d'une caméra provenant de l'industrie des jeux vidéo, Under Automata (2017) retranscrit les images de passagers endormis dans un avion suivant un long travelling. L'ambiance crépusculaire convoque le souvenir de Pompéi endormi sous la suie. Retravaillé en réalité virtuelle, ce film a été exposé à la Biennale de l'image possible de Liège en 2010 à l'Okayama Art Summit 2019 sous le commissariat de Pierre Huyghe. Cette  jeune artiste a également participé à la dernière Biennale de Lyon. 

 

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