Amélie Derlon Cordina

FOCUS Amélie Derlon Cordina

La 25ième heure de la Saison 2020#Futurs spéculatifs du CWB/Paris
>>>>>>> FOCUS# Amélie Derlon Cordina — dont les films « Le Terrier » & « Saints'Game » devaient être projetés dans la première édition d’un nouveau cycle développé par le Centre: « 25 ARTS SECONDE » dédié aux films d’artistes et films sur l’art en avril 2020.
Ce cycle est reporté à novembre 2020.

BANDE ANNONCE - SAINTS'GAME - 2017 from Samuel Hauser films production on Vimeo.
Belgique, France / 2017 / Couleur / Techniques mixtes / Stéréo / HD / 50’
 

** SAINTS'GAME a reçu le prix du Centre National des Arts Plastiques au 28ème FIDMarseille 2017 **
 

** SAINTS'GAME a reçu le Grand prix de la compétition Art Vidéo du Festival Côté court à Pantin 2018 **
 

En prologue, s’adressant à nous face à un tableau noir, un jeune homme explique ce qu’est un templum, ce cadre qui délimitait dans l’antiquité un espace sacré. Séquence suivante : un lieu domestique, où une jeune femme évoque par sa gestuelle la dévotion. C’est la relation entre images sacrées, les saints du titre, et ce que sont les gestes donc, qu’Amélie Derlon Cordina s’emploie ici à interroger. En explorant sa propre trajectoire et celle de quatre protagonistes également venus d’ailleurs (l’action se déroule en Belgique, la réalisatrice vient de France, ses acteurs du Daghestan, d’Islande et de Palestine), le film convoque nombre lieux de transmission et de fabrique des images et des corps, en jouant des passages de l’un à l’autre. Cela circule et articule les lieux de vie, un plateau de théâtre, des photographies, une salle de conférence, un fond vert de cinéma destiné à l’incrustation des images, mais aussi le film lui-même comme espace de mise en scène. Et, au-delà de l’iconographie religieuse, le film interroge la possibilité d’un jeu, au sens de non adéquation, de ce qui ne coïncide pas tout à fait, exercice de perte comme de liberté. S’affranchit-on des images et des gestes transmis ? La question restera en suspens, paradoxale, à l’instar de la fable cruelle de Daniil Harms qui traverse le film, celle d’un être dépouillé de son corps, ou la nécessité d’être débarrassé de ses attributs magiques, comme le suggère en clôture l’épilogue de Prospero emprunté à La Tempête de Shakespeare.
 

Nicolas Feodoroff

 

 

LE TERRIER - Amélie Derlon Cordina - 2018 from Samuel Hauser films production on Vimeo.

12' / 2018 - Production GREC / CNAP - Collection L'Animal. En partenariat avec le WIELS (centre d'art contemporain de Bruxelles), l'AJC (Atelier jeunes cinéates) et le CBA (Centre audiovisuel de Bruxelles)
FID Marseille 2018 - Ecran parallèle Livre d'image

 

Le Terrier est le dernier texte de Kafka, un monologue vertigineux en forme d’adresse, laissé inachevé. L’enjeu ici sera d’en faire l’expérience. Planches dépareillées et palettes de guingois plantées en intérieur en seront le terrain, Strike le corps. Intrications des mots et des lieux où Strike, lecteur, interprète et protagoniste se fondent, indiscernables. Mouvement labyrinthique à l’image du texte lui-même, en un va-et-vient entre dedans et dehors, du terrier-lieu au terrier-texte : son actualisation. (Nicolas Féodoroff FID Marseille 2018)