Elise Péroi

Elise Péroi | VERSION AUGMENTÉE

Monolithe

L’oeuvre Monolithe a été réalisé pour la pièce Atla de la danseuse et chorégraphe Louise Vanneste présentée au Kunstenfestivaldesarts et aux Rencontres chorégraphiques de Seine-Saint-Denis.

Cette oeuvre textile de soixante douze mètres carrés dont le motif est inspiré du livre “Vendredi et les limbes du Pacifique” de Michel Tournier1, point de référence de la pièce chorégraphique elle-même.

La pièce était installée de manière monolithique en écho avec un passage du livre, celui où Robinson s’enduit de lait et rentre dans la cavité de la grotte, il fait corps avec la terre. C’est la première fois dans le livre qu’il perd la notion du temps ; à sa sortie il arrête d’administrer l’île des conditions humaines. C’est un moment clef du livre, car à cet instant, se joue une métamorphose « L’intérieur en était parfaitement poli, mais curieusement tourmenté, comme le fond d’un moule destiné à informeront chose fort complexe.
Cette chose, Robinson s’en doutait, c’était son propre corps, et après de nombreux essais, il finit par trouver en effet la position (…) qui lui assurait une insertion si exacte dans l’alvéole qu’il oublia les limites de son corps aussitôt qu’il l’eut adoptée. Il était suspendu dans une éternité heureuse. Speranza était un fruit mûrissant au soleil dans l’amande nue et blanche, recouverte par mille épaisseurs d’écorce, d’écale et de pelures s’appelait Robinson.
»

La pièce textile Monolithe représente ce passage. La pièce se représente sous une forme symbolique et non comme un décor. En pouvant pénétrer dans l’oeuvre, elle déjoue la frontalité. Sur le même projet Élise Péroi était invitée à venir performer durant la pièce. Elle cherchait une manièrede proposer un temps autre que celui du temps de la représentation, quelque chose qui se prolonge, en écho avec la trace que le geste laisse. Pour traduire le processus, elle imagine de venir broder sur le sol la cartographie des déplacements des danseurs. La trace conduit à penser que ce qui se dessine est voué à être prolongé, de cette manière la trace entrecroise les temporalités.

L’oeuvre plastique se laisse habiter. Que ce soit, dans l’installation performance Rythm and Breath, née de la collaborationavec Mui Cheuk-yin cette structuremanipulée et jouant avec le corps pour devenir instrument ou cette tour monolithique dans laquelle le spectateur à le choix d’entrer ou non. Ces propositions offrent à la pièce une autre façon d’être
perçue. Elle fait partie intégrante, et d’une certaine manière interagit par elle-même, détournant le côté panoramique qui lui est souvent assigné.

En cherchant à inverser ce qui est au service de, le rôle du corps et du décor, s’ouvre la possibilité de trouver des points d’équilibre. Proposer des adéquations entre l’espace qui
nous habite et celui que l’on pense habiter.

01 janvier 2019 > 29 mai 2021
Elise Péroi

Diplômée en 2015 à l’Académie Royale des Beaux-arts de Bruxelles au sein de l’option Design Textiles, Elise Péroi développe depuis lors, une démarche qui se veut plurielle, empruntant aux arts plastiques et performatifs les éléments de langage qui construisent sa vision de l’art et l’appréhension sensible du monde qui l’entoure.

Le travail d’Elise Péroi, s’inspire de techniques ancestrales propres au tissage, à la tapisserie et aux arts dits textiles, pour lesquels, la notion du geste, du faire, acquiert autant de valeur que le résultat. C’est un travail dans lequel la notion de temps et de patience prend aussi toute son importance.

La charge symbolique des oeuvres, les questionnements sur la valeur et l’intégrité de l’artiste au sein du monde actuel, est nourrie de ce lien particulier que l’artiste entretient avec le temps en essayant de le structurer voir, de le matérialiser dans des installations plurielles, souvent monumentales, où le sens esthétique n’est cependant pas laissé-pour compte.

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