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Mes organes mes data, exploration n°2 - Jacques André

Performance Code Is Law

Que révèle une archéologie du corps calculé ? 

Autrement dit, que fait émerger un décodage subjectif des algorithmes intégrés aux capteurs   de smartphones ou d’objets connectés traduisant   en données notre intimité corporelle? 

Incarnant cette question, un performeur cobaye de l’auto-quantification nous invite par ses expériences à traverser, sur la piste des bio data, les frontières entre corps, esprit et environnement. Ce qui l’amène à relier étonnamment le souci de maîtrise du métabolisme   avec la prise en compte de l’effondrement bioclimatique. 

La mise en scène exploratoire de ces capteurs  et de leurs applications déconstruit la production   de résultats et de scores lestés par les normes   et les injonctions à la compétition. 

À côté de figures historiques fabriquées   pour des besoins scientifiques, tel « l’homme moyen »  décrit par la sociologie ou le concept d’homoncule neurobiologique, cette performance fait surgir   de nouveaux avatars : le fan des technologies,   l’anxieux face à leur maîtrise, le critique politique   et social de leurs usages, et même le normatif adepte  de servitude volontaire. Elle dévoile comment   les tentations de la reconstruction autonome de soi croisent les soumissions à la surveillance sociale   et à son économie, avec leur lot de biais et de préjugés.  Sous des éclairages alliant esthétique, histoire   et technologie, à l’heure du COVID19, un nouvel horizon émerge, entre fascination et effroi. Un devenir   au sein duquel la prolifération de l’auto-mesure  transforme nos représentations du corps, de l’esprit,   des rapports sociaux et de nos perspectives de vie. 

Générique

«Mes Organes mes data, exploration n°2» : une création de Jacques ANDRE avec Ryszard Karcz : vidéaste caméraman complice (en scène)

Production

Production Groupe KURU / avec l’aide du KIKK Festival, de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Cellule Arts Numériques, du théâtre La Balsamine, de François Zajega, du Studio Thor, le soutien du CNAC, Centre National des Arts du Cirque, Châlons en Champagne, la participation de Frédéric Bousefsaf, Choubeila Maaoui, Abdelak Moussaoui, et Alain Pruski du Laboratoire LCOMS, Université de Lorraine et I Virtual, Metz. Remerciements : ShapeHeart, Paris - Marie du Chastel, Véronique Danneels, Michèle R.

06 mars 2021 15:45

Conférence performée par Jacques ANDRÉ, avec la complicité  de Ryszard KARCZ.

Durée : 1h15mn

Evénement réservé aux professionnels.

Réservation sur reservation@cwb.fr

Salle de spectacle
46 rue Quincampoix
75004 Paris
Jacques André

Jacques André, né en Bretagne, formé à l’IN-SAS (Bruxelles), vit entre Paris et la Belgique. Il mène un travail de création croisant image et art vivant via des pratiques diverses : vidéo d’art, documentaire de création, performance, mise en scène, dispositif scénique interactif, installation, ou animation 3D comme pour son projet en cours Mes organes mes data (initié avec l’aide de la Fédération Wallo-nie-Bruxelles / Cellule arts numériques, du théâtre la Balsamine et du KIKK Festival). Il explore les liens entre mémoires et technolo-gies pour interroger à travers le corps nos « a priori » du regard et de la langue. Nourris des rapports art, science et société, ses travaux se développent souvent en cycles : visions du corps et de la peau ; exploration des discrimi-nations ou encore d’auteurs non conformistes. Par exemple Kleist, dont il met en scène La marquise d’O., ou Marguerite Duras, dont il adapte et réalise La Pluie d’été, long-métrage d’après la mise en scène d’Éric Vigner. Il s’as-socie à d’autres artistes pour des créations à la scène et à l’écran, notamment à des écri-vains qui affrontent les questions de normes sociales et de genre, comme Christophe Huysman, Antoine Pickels, Martine Wijckaert. En 2018, il crée avec Isabelle Dumont un labo-ratoire scénique dédié à nos compagnes invi-sibles, Bacteria Mundi. En 2020-21, il participe comme dramaturge à la création du choré-graphe Thierry Smits, Toumaï, visions hantées par l’effondrement bioclimatique. 

Sa recherche artistique, soutenue par différentes subventions publiques (en France, Dicream avec la Cie Les Hommes Penchés ; en Fédération Wallonie-Bruxelles, Cellule arts numériques, Film Lab...), a été récompensée par différents prix et bourses (Scam, Jury professionnel du festival Via, etc.).

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