Festival (((INTERFERENCE_S)))
Stanislav Dobák

Paper Mirage - Olga de Soto

#PERFORMANCES

Dans Paper Mirage, Olga de Soto fait de cette matière première issue des arbres qu’est le papier, le sujet de la performance pour nous plonger dans un univers sonore qui ausculte les sons de ce matériau fragile, à la fois reste et réminiscence du monde végétal. Le papier, surface et volume potentiel, corps du document, support des mots et des images, vecteur de mémoire et de discours, devient ainsi élément sonore sous l’effet de l’action, mais aussi surface de projection pour l’imaginaire des spectateur·rice·s. À l’aide d’un jeu de feuilles de papier divers, Olga de Soto nous propose une intervention qui voit les différents corps et sons de cette matière délicate, manipulés et modifiés grâce au travail sonore réalisé en complicité avec Benoit Pelé et Pierre Gufflet. À travers une série d’actions librement inspirées des techniques de bruitage, elle explore le rapport physique entre matière et son, mais aussi le rapport entre son et image, avec l’idée que la matière et l’espace pourraient conserver la mémoire des sonorités accueillies. Les actions sonores proposées se déploient alors comme des espaces ouverts où l’action entraîne la matière, tout en dessinant des zones de glissement entre le son et le silence, l’action et son écho, l’audible et l’inaudible, la présence du son et sa résonance. C’est ainsi qu’en partant de l’idée d’image déplacée prenant forme dans les airs, la proposition joue avec notre perception, tout en convoquant des sons d’environnements et événements naturels, témoins d’un monde en voie de disparition.
 

Paper Mirage s’inscrit dans le prolongement de la performance Paper Lane, en ce sens que tout comme cette dernière, elle se présente en tant qu’acte de résistance face à la révolution numérique et à la profusion du trop-plein, de l'accélération et du high-tech qui anéantissent le silence nécessaire au recueillement, à l’introspection et à la réflexion, inspiré par la lecture de l’ouvrage Aliénation et accélération. Vers une théorie critique de la modernité tardive, du sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa, et par le constat de la nécessité d’une décélération radicale.

Générique

Concept et performance: Olga de Soto 
Son et spatialisation sonore: Benoit Pelé & Pierre Gufflet

 

Production

Chargée de production: Julia Alix 
Production et diffusion: Niels Production (Bruxelles) 
Coproduction: Niels Production, avec le soutien du Ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles — Service de la danse et Grand Studio

 

09 juillet 2021 18:30

Entrée libre.
 

Réservation conseillée.

Salle d'exposition
127-129 rue Saint-Martin
75004 Paris
Olga de Soto

Chorégraphe, interprète chorégraphique et chercheuse

Olga de Soto est chorégraphe, auteure, danseuse et chercheuse en danse, née à Valence (Espagne) et établie à Bruxelles. Après une formation en danse classique, danse contemporaine et solfège dans son pays natal, à Valence et à Madrid, elle intègre la formation du Centre national de danse contemporaine (CNDC) d’Angers, dont elle est diplômée. Elle débute son travail de création, axé sur la recherche et l’écriture chorégraphiques, en créant des nombreuses œuvres de différents formats, dont une partie en dialogue avec des créations de compositeurs contemporains tels que Kaija Saariaho, Salvatore Sciarrino, Stefano Scodanibbio, Denis Pousseur, Michael Jarrell ou Frederic Rzewski. Son travail se concentre sur les thèmes de la mémoire, de l'empreinte et de la transmission et mêle les langages de la chorégraphie à ceux du documentaire, de la performance, des arts visuels et de l'installation, jouant avec la porosité de ces différentes disciplines. Au début des années 2000, elle entreprend une série de projets de création dont la particularité est d’être intimement liés à de longs processus de recherche et de documentation, où elle œuvre dans des temporalités atypiques fréquemment en dehors des logiques classiques de production. Il se déploie autour de deux axes. Le premier est centré sur l’étude kinesthésique de l’interprète, à travers la création d’œuvres de différents formats, visant une approche plurielle de la danse et du corps. Le deuxième explore des œuvres de l’Histoire de la Danse dans le cadre d’une démarche régie par l’étude de la mémoire perceptive, celle des spectateur·rice·s et des danseur·seuse·s. Les projets qui en découlent revendiquent l’importance des processus et accordent une attention toute particulière au document, au travail de documentation, au témoignage, à l’archive et à la source orale, au récit et à la narration. Une partie de son travail s’intéresse à l’expérience du spectateur·rice et à l’anthropologie du spectacle, tout en se développant au sein d’une démarche qui étudie l’expérience esthétique à partir de l’histoire orale des œuvres. Le travail d’Olga de Soto a été présenté dans une vingtaine de pays. Depuis plus d’une dizaine d’années, elle est régulièrement invitée à  intervenir dans le cadre académique où elle partage sa méthodologie de recherche et de documentation, dans des universités en Europe, en Amérique Latine et plus récemment aux États-Unis. Elle est professeur invitée dans le Master en danse du Conservatoire d’Anvers / Artesis Plantijn Hogeschool Antwerpen. 

Benoît Pelé

Créateur son
 

Après des études supérieures de cinéma – spécialité son – à Paris, Benoît oriente rapidement ses expériences professionnelles vers le spectacle vivant, qui lui offre un espace de créativité plus large. Installé depuis 2010 à Bruxelles, il collabore avec Charleroi Danse aux créations et aux tournées de Pierre Droulers, et accueille les équipes en résidence à La Raffinerie. En 2016, il prend en charge la sonorisation de la pièce Simplexity de Thierry De Mey, en collaboration avec l’Ensemble Intercontemporain et l'IRCAM. En parallèle, il
mène une collaboration régulière avec Yves-Noe Genod : 1er Avril, Je Peux-Oui,
Rester Vivant, Sublime Actrice, La Recherche, Hiver... Dernièrement, c’est aux côtés du Raoul Collectif qu’il assure la régie générale et la régie son de leur troisième opus : Une Cérémonie.
 

Benoît collabore avec Olga de Soto depuis 2015, en tant que régisseur son et vidéo pour le spectacle (Elle) retient, Une introduction et assure la création sonore et la spatialisation de Mirage et de Mirage – déplacement.

Pierre Gufflet

Né à Nantes, Pierre Gufflet est co-fondateur du collectif visual system, installations sonores et lumineuses. Il sculpte le son et la couleur. Artiste numérique, touche à tout, en nécessité de produire une matière bien particulière, qu'elle soit sonore, visuelle, tactile, tangible ou intangible, son expression passe toujours par la création d'une technique. Bien humain, et bien loin du fantasme de la machine qui effraie, le souhait d'y produire une émotion à notre échelle est sans limite. 
 

Ingénieur du son à l'Ircam et à Beaubourg en 1999, où il rencontre et collabore pour la première fois avec Olga de Soto. Pierre Gufflet est sound-designer au Fresnoy depuis 2001. Riche d'une centaine de collaborations artistiques libres, Il travaille la synesthésie entre son et lumière depuis 20 ans. 
 

Collaborateur de Pierre Huyghe au LACMA Los Angeles et Centre Pompidou Paris et Conseiller pour le montage de la structure d'art numérique Stereolux à Nantes, aujourd'hui c'est avec Olga de Soto, Superamas, Claudia Triozzi, la compagnie Shonen qu'il continue de collaborer.  

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