(((INTERFERENCE_S)))
Spassky Fischer

Exposition Collective

Adrien Degioanni
Alice Pamuk
Angyvir Padilla
Christian Sebille
& Le Collectif Sonopopée
Claire Williams
Mathieu Zurstrassen
Pierre-Laurent Cassière


ADRIEN DEGIOANNI
Dispositifs sonores

Les Vestiges du Vide, triple structure d’aspect tronqué, pareille à une ruine encore debout, donnent à entendre les traces d’un silence, enraciné et omniprésent. Ces « silences » enregistrés in situ sont amplifiés afin de leur redonner toutes leurs existences ubiques et indéniables.

Avec le soutien de la Région Occitanie.

Pleine Vacuité est basée sur le phénomène résultant de la soustraction d’ondes sonores inversées. Au centre du tube, entre les haut-parleurs, les ondes en opposition de phase se font parfaitement face et s’effacent ainsi totalement pour créer un vide sonore... Du moins idéalement, car un élément vient casser ce semblant de perfection : dans le tube, une montre défectueuse qui peine à trouver son temps.

Idée Blanche s’inspire de cette friction entre le visible, l’audible pour y accueillir l’imaginable. La lumière blanche contient l’ensemble des spectres lumineux visibles, le bruit blanc concentre toutes les fréquences sonores audibles. La feuille blanche A4 (format international), quant à elle, peut recevoir et contenir l’ensemble de nos idées. Le visiteur, prisme de cette installation, se trouve face à un « semblant de rien » où toutes projections mentales, visuelles et sonores existent en puissance.
 

ANGYVIR PADILLA
Fool’s Paradise (Le paradis des idiots)
Installation, céramiques, charbon, haut-parleurs et son, dimensions variables, 2018

Un ensemble de céramiques ressemble à des corps qui tombent, des colonnes qui s’effondrent, luttant contre la gravité. Elles sont posées sur une surface recouverte de charbon, comme s’il s’agissait d’une ruine architecturale ou d’un paysage abandonné. Entourées d’enceintes, une chanson populaire vénézuélienne — interprétée par l’artiste — leur est chantée. Les paroles nous parlent d’un paysage aimé et oublié.

ALICE PAMUK
DJ Mehdi / Mr Thomas Lambert

Dj Medhi est une playlist fictive, faite de noms de musiciens et de titres inventés. Diffusée pendant la période d’exposition, Mr Thomas Lambert est une vraie playlist faite de titres musicaux existants.

PAYSAGE DE PROPAGATIONS #1 « MATRICE »
Christian Sebille & Collectif Sonopopée

…. Nous sommes dans un lieu clos où les pièces de verre, réveillées par des mécanismes asservis, propagent leur identité sonore. Les lumières balayent l’espace. Rien ne semble fixe. Dix tables présentent des pièces uniques, inertes, jusqu’à l’action du percuteur. Le souffle des artistes verriers se prolonge par le son. La matière passe du solide au vibrant, du souffle figé à son expansion retentissante. Les sons se propagent dans l’espace, se mélangent entre leurs zones de propagation.
Les éclats de lumière et les nappes de couleurs, en contrepoint, brouillent les repères... Christian Sebille

CLAIRE WILLIAMS

Les Æthers / Ondoscope
Les æthers est un projet qui questionne nos rapports avec l’invisible et explore les relations à nos instruments et technologies modernes. Ancré dans les recherches menées par la science depuis le xixe siècle, mais aussi nourri par les sciences parallèles ou occultes ouvertes par les chercheurs à cette époque, le projet vise à rendre sensible la densité du vide à travers lequel
nous communiquons.
Production : Le Fresnoy, Studio national des Arts Contemporains (2019).

Meteors - Radio Echos
Une antenne radio détecte en temps réel les météores qui rentrent dans notre atmosphère à une fréquence de 61.260 MHz. Les vitrines du lieu d’exposition deviennent alors des surfaces de propagation sonore, d’où émergent les sifflements provoqués par leur activité.

MATHIEU ZURSTRASSEN

« /BƏ ˈLOƱ/ » (ABOVE THE BELOW)
/bəˈloʊ/ (Below or Above the Below) est une installation sonore d’extérieur, composée d’un tuyau sortant du sol, émettant un fichier audio. Le fichier audio est une lecture tirée du livre Comment analyser les gens à vue écrit en 1921 par Elsie Lincoln Benedict et Ralph Paine Benedict. La morphologie de l’oeuvre oblige en quelque sorte l’auditeur à prendre des poses quelque peu maladroites, voire inconfortables afin d’écouter le contenu. Il faut un peu de temps pour comprendre que le fichier audio de sept heures est en fait une lecture d’un livre sur l’analyse psycho-morphologique de « poses & postures » et pour que l’auditeur comprenne qu’il est probablement lui-même analysé par un précédent auditeur.

« \LƏ ˈMƐNT\ »
« / ləˈmɛnt / (Lament) se compose de trois orgues à tuyaux, activés lorsqu’ils sont entourés de silence ou d’une présence discrète. L’appareil est connecté à une série de capteurs de mouvement, sons et thermiques. Plus techniquement, lorsqu’il est activé le système rassemble les données de l’environnement immédiat (bruit-formes mouvements) et les stocke. Quand le silence ou le calme arrive, le système utilise les mêmes données pour créer une mélodie.

\PÄR’TI KƏL\
« \ pär’ti kəl \ (Particules) et un dispositif interactif de sonification de données. L’élément principal étant une guitare à une corde automatisée et entraînée par l’invisible.

PIERRE-LAURENT CASSIÈRE
FMR
Échantillonneur de poussière, 45 x 35 x 15 cm, 2010-2021
(Platine vinyle, plexiglas, poussière, électronique)

FMR est un échantillonneur de poussière conçu à partir d’une platine vinyle. Déposée à la surface du disque vierge — un miroir noir sans sillon — la poussière est traduite en signal audio par une tête de lecture photosensible. Le détournement de la technique analogique de son optique cinématographique permet de lire la poussière sans contact. L’échantillon de bruit lu en boucle évolue très lentement, au gré de l’accumulation de poussière durant tout le temps de l’exposition.

7 > 29 août 2021

Entrée libre

Salle d'exposition
127-129 rue Saint-Martin
75004 Paris
Christian Sebille

Né en 1963 à Epernay, Christian Sebille est compositeur et directeur artistique du GMEM de Marseille. Dès 1983, il se consacre à la musique électroacoustique qu’il étudie avec Jean Schwartz (Conservatoire de Gennevilliers) et Philippe Prévost (Ircam-Centre Pompidou). Sa recherche se tourne naturellement dès 1987 vers les musiques mixtes auxquelles il s’exerce au sein de la Muse en Circuit avec Luc Ferrari. En 1993 à Reims, il fonde Césaré, qui deviendra en 2006 Centre national de création musicale, favorisant une recherche sur la diversité et sur les formes nouvelles de (re)présentation de la création musicale. En 2011, il est nommé à la direction du GMEM, Centre national de création musicale de Marseille.
 

Son catalogue compte plus de soixante œuvres vocales, instrumentales, électroacoustiques et mixtes dont un opéra de chambre (L’alleluiah – Georges Bataille – commande d’État), de nombreuses pièces dédiées au théâtre ou à la chorégraphie (Jean Deloche, Nadège Macleay, Emmanuelle Huynh…). En 2002, une commande de l’Opéra de Limoge pour orchestre, chœur, trois percussions, guitare électrique et trois voix servira un opéra- chorégraphié de Nieke Swennen. De 1999 à 2013, il réalise un large cycle d’installations musicales (Les miniatures) dont la onzième, commandée par la Ville de Dijon, est particulièrement ambitieuse. La treizième et dernière a été commandée par les Monuments Nationaux et conçue pour le château d’If de Marseille.
 

Ses recherches sont essentiellement dirigées vers la notion d’espace et de mouvement. Il aime se confronter aux autres disciplines. Il collabore avec de nombreux artistes venant d’autres champs artistiques, notamment avec Francisco Ruiz De Infante (plasticien vidéaste). Christian Sebille développe une lutherie informatique qui lui permet de s’investir dans le champ de l’improvisation aussi bien en France qu’à l’étranger (Alex Grillo, Didier Petit, Sylvain Kassap, Pablo Cueco, Philippe Foch, Matt Bourne, Chris Sharkey, Christophe de Bezanac, Jean-Marc Montera…). Il a réalisé en 2019 les musiques pour l’exposition Trouble fête de Macha Makeïeff. Également, il participe à la constitution d’un corpus expérimental avec des musiciens provenant des pratiques orales et traditionnelles, dont le trio Ici et d’après avec Miquèu Montanaro et Jean-François Vrod est issu.
 

EN 2021, il présente une série d’œuvres sous forme d’installation, de performance et de concert. La base sonore provient de la réalisation de pièces en verre conçues et soufflées au Cirva (Centre international de recherche sur le verre et les arts plastiques), à Marseille, tout au long de sa résidence qu’il a débuté en 2018.

Sonopopée

Sonopopée est un regroupement d’artistes musiciens, qui se donne pour mission de favoriser l’accès aux technologies sonores et aux nouvelles lutheries numériques. Compositeurs, improvisateurs et développeurs aussi bien informatiques qu’électroniques, les membres du collectif mettent leurs compétences et leur complémentarité au service de projets artistiques variés. Avec un goût prononcé pour l’échange et la transmission, Sonopopée cherche à favoriser l’émergence de pratiques innovantes par le biais d’ateliers autour d’installations sonores interactives et ludiques, tel De oratore, Memoriff, Stationhair…Depuis 2018, le collectif Sonopopée est hébergé par la pépinière de L’Esad de Reims, dans le cadre du programme DesignR. Sonopopée est responsable de l’enseignement de la création sonore à l’Esad de Reims.

Claire Williams

De la machine à tricoter hackée jusqu’aux textiles transformés en surfaces de captations, les œuvres de Claire Williams s’inscrivent à la croisée des univers textiles, sonores et électroniques. 

Ses œuvres cherchent à capter les multiples variations de notre spectre électromagnétique et prennent la forme d’antennes tissées ou de radio brodée. 

Des donnés de radios-télescopes se matérialisent en points tricotés, en vibrations sonores ou encore sous forme de pulsations lumineuses. 

Elle crée notamment des dispositifs alliant artisanat et électronique ou elle sculpte 
des composants afin de rendre visible les mouvements électromagnétiques de notre magnétosphère, ou encore crée des interfaces mêlant broderie et électronique pour nous proposer un rapport tactile à des phénomènes sonores. 

Elle travaille actuellement sur l’exploration de l’éther, croisant croyances populaires et sciences occultes. Elle explore ainsi notre relation au monde de l’invisible et ses appareils scientifiques, en reprenant des pistes abandonnées de certains scientifiques du 19ème siècle.

Mathieu Zurstrassen

Mathieu Zurstrassen est architecte de formation. Son processus artistique est largement guidé par son besoin presque obsessionnel d’analyser le mécanisme des choses, de comprendre leur fonctionnement interne. Son approche génère des œuvres hybrides qui offrent une perspective critique sur la société, une métaphore satirique, une réalité parfois caustique et résolument décalée. 

Adrien Degioanni

Adrien Degioanni est né 1991 à Toulouse en France. Il vit et travaille entre la France et la Belgique. En 2018, il cofonde le collectif d’expositions Grande Surface à Bruxelles, entité d’expérimentations, de productions et de rencontres artistiques avec la scène locale bruxelloise.

En dehors de ses recherches plastiques, Adrien Degioanni développe des créations sonores et musicales sous le pseudo Tecte et collabore autour de projets d’artistes vidéastes et scéniques tel que Antoine Belot pour le festival Nuit Blanche (CNES, Paris 2017) et Katia Lecomte Mirsky pour l’exposition Tendencies (BOZAR, Bruxelles 2017).
Il est accueilli entre 2020 et 2021 en résidence au FRAC Grand-Large à Dunkerque ainsi que dans les écoles d’arts de Lille et de Demain (France). En 2021, il reçoit également le soutien de la Région Occitanie à l’occasion d’une bourse d’aide à la création.

Angyvir Padilla

Angyvir Padilla (1987, Vénézuela) développe des installations immersives combinant un large éventail de matériaux et de médias tels que le plâtre, la cire, la céramique, la photographie, le son, la vidéo et la performance. Elle conçoit des environnements qui mettent en jeu des notions d’appartenance et d’intimité. Travaillant la matière et les objets, Angyvir Padilla explore les écarts entre l’identité, la mémoire, les matériaux, l’espace, les émotions et les relations qu’ils suscitent.

En 2007, Angyvir Padilla obtient un master à l’école de communication visuelle et de design PROdiseño à Caracas, au Venezuela. En 2011, elle a entamé ses études artistiques à Bruxelles et en 2015, elle est diplômée de L’ENSAV la Cambre dans l’option Sculpture, puis en 2018, de l’école d’art Sint-Lukas dans l’option Beaux-Arts. Elle a mené plusieurs expositions entre la Belgique, le Vénézuela, l’Espagne, le Pays-Bas, la Grèce et la Serbie. Angyvir Padilla a été Lauréate du prix ArtContest et sélectionné pour le Prix des amis du S.M.A.K à Gand, en Belgique. Elle est sélectionnée aussi dans le cadre de la biennale franco-belge Watch This Space, organisée par 50° Nord, et aura une exposition individuelle en Décembre 2021 au FRAC Grand Large à Dunkerque

Alice Pamuk

Alice Pamuk (1982, vit et travaille à Bruxelles) a été invitée pour les expositions personnelles suivantes : Release, Stranger Society, Air Antwerpen, 2019 ; Soft Singing, Titanik, Turku, 2019; High fidelity, bb15, Linz, 2015. Ses oeuvres ont également été montrées dans les expositions collectives suivantes : Oscillation, Q- o2, Maac, Bruxelles, 2018; Biennale de Bregenz, 2018; Observations Sonores, Centre d’art Cairn Gassendi, Digne-les-Bains, 2016; L’image du son, L’Arteppes, Annecy, 2016; Image de soi image de l’autre, Musée juif, Bruxelles, 2012.

Elle a été en résidence à AIR Antwerpen et Titanik en 2019, à Qo2 à Bruxelles, à la Station à Nice, à bb15 à Linz en Autriche, à NAC en Lituanie et Moks en Estonie en 2014.

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