Festival Francophonie métissée #FFM29

Soirée littérature tunisienne

FFM29

Table ronde avec des auteurs, autrices et des lectures, animée par Mounira Chatti, professeure de littérature françaises et francophones à l’Université Bordeaux Montaigne.

 

Avec, 
 

- Sophie Bessis, historienne franco-tunisienne, auteure de nombreux ouvrages portant sur l'Afrique et le monde arabe, la condition féminine et les relations Nord-Sud, dont L'Occident et les autres (La  Découverte, 2001) ,  Les Arabes, les femmes, la liberté  (Albin Michel, 2007) ,  La double impasse : l'universel à l'épreuve des fondamentalismes religieux et marchand (La découverte, 2014, Prix Paris-Liège ) et Histoire de la Tunisie : de Carthage à nos jours (Taillandier, 2019).
 

- Hubert Haddad, franco-tunisien, auteur notamment  des ouvrages suivants parus chez Zulma : Palestine ( Prix Renaudot Poche, Prix des cinq continents de la Francophonie),  deux volumes du Nouveau Magasin d’écriture et  Peintre d’éventail (Prix Louis Guilloux, Grand Prix SGDL de littérature pour l’ensemble de l’œuvre) 
 

- Daniel Soil, romancier belge, auteur entre autres de L’avenue, La Kasbah » (Meo) ,  ancien Délégué Wallonie-Bruxelles  au Maroc puis en Tunisie. 
 

- Fawzia Zouari, romancière et journaliste tunisienne, auteure notamment de La deuxième épouse (Ramsay) , Ce voile qui déchire la France  (Ramsay), Sous le jasmin, les pavés, (Editions du moment)  et Le corps de ma mère ( J Losfeld, Prix des cinq continents de la Francophonie).  
 

La comédienne Frédérique Wolf-Michaux lit des extraits des œuvres des auteur(e)s présents ainsi que des textes emblématiques de la littérature tunisienne.

05 octobre 2020 20:00

Entrée libre dans la limite des places disponibles et dans le respect des normes sanitaires.

Port du masque obligatoire.

Salle de spectacle
46 rue Quincampoix
75004 Paris
Les littératures de Tunisie

En Tunisie, la permanence de l’enseignement arabe ou bilingue sous le Protectorat et la prospérité de la littérature arabophone, qui s’est renouvelée à partir des années 1930, expliquent l’émergence tardive et marginale d’une littérature en langue française. Après l’indépendance, l’ambitieuse politique de scolarisation et la pratique du bilinguisme dès l’école primaire « ont maintenu et étendu la connaissance de la langue française, tout en atténuant les réserves idéologiques liées à l’emploi de la langue du colonisateur  ». 
 

Chez les écrivains tunisiens, le choix du français peut être interprété « comme une prise de distance par rapport aux compatriotes  ». En France, cette littérature fait figure de « parent pauvre de la francophonie », selon les termes d’Ali Bécheur . Son rayonnement et sa lisibilité dépendent ainsi de sa médiatisation car « on ne lit pas l’invisible  ». Comptant de nombreux écrivains expatriés, cette littérature se nourrit des expériences du nomadisme. La rencontre avec l’autre se trouve au cœur de ces traversées de temps et d’espaces où l’alliance du poétique et de l’éthique concourt à édifier un monde sans frontières. Les œuvres accordent une place centrale à l’écriture de la trace, au travail de la mémoire, aux multiples figures et mythes qui évoquent les histoires successives et parfois conflictuelles qui ont façonné la Tunisie. La dialectique de la fidélité à soi-même et de l’ouverture à l’autre, qui génère des dissensions et des contradictions, hante la littérature et l’identité tunisiennes contemporaines : « Culturellement, la Tunisie se situe à un carrefour exceptionnel : entre Orient et Occident, entre  arabe  et  français,  héritière  des  cultures  arabo-musulmane,  phénicienne,  berbère, gréco-romaine,  européenne…  On  ne  s’étonnera  donc  pas  que  la  littérature  tunisienne soit marquée par le métissage, par une mise en valeur des mythes et aspects culturels de toutes les cultures qui la sous-tendent. Par ailleurs, de nombreux auteurs tunisiens vivent à l’étranger et les thèmes de l’exil, du déchirement et de la nostalgie sont très présents . » Une admirable histoire des littératures dans la Tunisie des XXe et XXIe siècles s’offre enfin au lecteur : Un siècle de littérature en Tunisie 1900-2017 . Dans cette anthologie, les auteurs rassemblent la plupart des écrivains tunisiens sans distinction de langue d’écriture ni de lieu : « Dans les aires géoculturelles composites comme l’aire tunisienne, une littérature ne saurait être réduite à une langue, ni à un prototype préconçu de pedigree culturel, de même que dans un pays ouvert aux conquêtes, aux flux migratoires et aux influences de toutes sortes, il ne saurait y avoir de paysage littéraire monolithique et univoque  ». Aussi les écrivains arabophones Aboulkacem Chebbi, Béchir Khraïef, Mahmoud Messadi ou Habib Selmi côtoient-ils leurs compatriotes francophones Albert Memmi, Fawzi Mellah, Hélé Béji, Fawzia Zouari, Abdelwahab Meddeb, Azza Filali ou Tahar Bekri…

Mounira Chatti

1. Eliane Tabone, Littérature francophone. Tome 1 : Le roman, Charles Bonn et Xavier Garnier (dir.), Paris, Hatier et AUPELF-UREF, 1997.
2. Jan Goes, « Littératures francophones du monde arabe »,https://www.vlrom.be/pdf/022goes.pdf 
3. Ali Bécheur, « Quêter une permanence de l’absence », entretien réalisé par Hanen Allouch le 19 mai 2014, https://la-plume-francophone.com/2014/05/19/entretien-avec-ali-becheur 
4. Ibid.
5. Myriam Louviot, « La littérature tunisienne francophone », Monde en VF, 2013, http://www.mondesenvf.fr/wp-content/uploads/Ateliers/Marche_incertitude/Fiche_synthese_Litterature_tunisienne_francophone.pdf 
6. Samia Kassab-Charfi et Adel Khedher, Un siècle de littérature en Tunisie 1900-2017, Paris, Champion, 2019, 543 p. 
7. Ibid., p. 114-15.


 

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