Festival Francophonie métissée #FFM29
Walther Lekon

DHIKR,99 #FFM29

Haythem Zakaria

Dhikr, présente 99 compteurs manuels métalliques sphériques, argentés, brillants, disposés régulièrement sur un mur de couleur neutre. 
 

On peut lire sur le quadrant de ces compteurs un nombre correspondant à la valeur numérique des lettres composant chaque nom divin, le centième de ces noms Allâh étant la synthèse des 99 plus beaux noms divins révélés. 
 

Cette œuvre, saisissante, nous met face à un mystère : celui de la remémoration perpétuelle des noms divins (Dhikr signifiant « souvenir », « rappel »), chaque nométant présenté sous sa formulation ésotérique, c’est-à-dire numérique. 
 

Ces compteurs rutilants, sont-ce les compteurs du temps, les compteurs de la mémoire du temps, du temps d’une mémoire perdue, invitant au rappel, au rappel d’Allâh, oublié en l’homme ? Ainsi, un compteur, conçu pour compter des kilomètres, des poids, des quantités quelconques, ne présente que l’immobilité de son apparence. Il est l’écrin qui recèle le nombre : la valeur. Il y a ainsi une relation métaphorique qui s’instaure entre la fonction de l’objet (destiné à compter une valeur) et les grains d’un chapelet de bois où le salik égrène les noms divins avec son souffle soutenu par le mouvement de tout son corps. Ici, le quadrant est figé sur le nombre déterminé : le nom divin chiffré est mis en exergue. Mais cette œuvre se réfère à l’un des aspects de la spiritualité soufie qui réside dans la science des lettres (îlm al ourouf), se rattachant très étroitement et très secrètement à celle des nombres (‘îlm al arkam), ainsi qu’à la connaissance des noms divins (asma elhousna). C’est la science du Da’wah, correspondances unissant lettres et chiffres. Sans ce présupposé, sans cette connaissance implicite, l’œuvre Dhikr reste une pure réalité esthétique. Mais une fois encore, la mise en exergue des 99 séries de nombres enchâssés dans leur écrin métallique attire le regard et la perplexité pouvant entraîner le spectateur vers une interrogation fécondante. 

 

Joël-Claude Meffre

 

Haythem Zakaria est actuellement en résidence à la Cité Internationale des Arts. 


EXPOSITIONS PERSONNELLES 2019 
« Trans.mutations(s) », Galerie Valérie Delaunay, Paris, 2019 
« Interstices // Opus 1 », Institut Français de Tunisie 2016 
« Transmutations », Regard Sud Gallery, Lyon, France 2016 
« The Solo Project Art Fair », Zamaken, l’ART EST VIVANT, Basel, Swiss 2016 
« Ruthmos », Galerie Aicha Gorgi, Tunisie 2016 
« La poétique de l’éther », DDessin art fair, atelier Richelieu, Paris, France 2015 
« Il manque les noms sacrés », La Boîte, Tunis, Tunisie 2015 
 

EXPOSITIONS COLLECTIVES (selection)
« L’AntiChambre », George V Art Center, Alta Volta Agency, Beijing, China 2019 
« LOVE & OTHER PERSPECTIVES », The PICNIC Pavilion, Venice Biennale, Italy 2019 
« FORGOTTEN ENLIGHTENMENTS », Halle 14, Leipzig, Germany 2019 
« 21st Japan Media Arts Festival », National Art Gallery Tokyo, Japon 2018 
« EL KAZMA », La Boîte Un lieu d’art contemporain, Gabes, Tunisie 2018 
« Art Brussels », Discovery, Discov, Aïcha Gorgi Gallery, Brussels, Belgique 2018 
«καιρός – desseins », MAC Arteum, Châteauneuf-le-Rouge, Paris, France 2017 
« 14 secondes », Le 116 centre d’art contemporain Montreuil, Paris, France 2017 
« Jaou 2017 », Kamel Lazzar Fondation, Tunisie 2017 
 

Production

Pays de production: Tunisie
Année de production:   2019
Durée:   9 minutes
Producteur:  Le centre national du cinéma et de l’image, Khatawat
Producteur exécutif : Ahmad Ksibi  
Première: Locarno film festival

 

En continu : 24 septembre > 9 octobre 2020

En continu pendant la durée du festival.

Salle d'exposition
127-129 rue Saint-Martin
75004 Paris
Haythem ZAKARIA

Haythem ZAKARIA né en 1983 à Tunis, vit et travaille actuellement en France.

Il est diplômé en 2008 de l’École d’Art et de Décoration de Tunis. Les œuvres de l’artiste transdisciplinaire, Haythem Zakaria, nous laissent rarement indifférents. Imprégnées par la cosmogonie et la spiritualité soufie, ses créations plastiques mettent en œuvre des techniques visuelles non conventionnelles (glitch, méta-image, etc.) qui l’orientent et l’impliquent dans l’expérimentation de dispositifs matriciels et protocolaires. 

Ainsi, il est conduit à explorer des procédés visant à « sur-réaliser » l’image par intégration, greffe ou superposition d’informations formelles visuelles ou sonores. 

Ses créations sont le fruit d’une introspection vers l’image, par l’image et dans l’image. Elles révèlent des univers multiples et insoupçonnés générant comme des partitions visuelles qu’il convient de lire ou déchiffrer par la sensation immédiate et la réflexion. 

Formellement simples, ses oeuvres recèlent des significations qui ne se révèlent qu’à ceux qui, patiemment, prennent le temps d’approcher des voies propres menant vers elles. Haythem Zakaria a exposé ses oeuvres (installations, vidéos, dessins, photographies, sculpture.) en Europe et en Afrique mais également au Japon où il a été lauréat du grand prix du Japan Media Arts Festival en 2018 pour le projet Interstices Opus I & II. Il a en outre collaboré sur le film The Last Of Us  d’Ala Eddine Slim, Lion du Futur, Mostra de Venise 2017.

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