Festival Francophonie métissée #FFM29
Christophe Urbain

Combat de nègre et de chiens #FFM29

De Bernard-Marie Koltè / Mise en scène : Thibaut Wenger

Dans un pays d’Afrique de l’Ouest, le chantier d’une grande entreprise française est en passe d’être fermé. Ne restent plus que Horn, chef au bord de la retraite, et Cal, un ingénieur. L’arrivée simultanée d’une jeune femme que Horn a fait venir de Paris pour l’épouser et d’un Noir mystérieusement entré dans la cité des Blancs pour réclamer le corps de son frère, mort la veille sur le chantier, va catalyser la violence latente de la situation... 

 

Un western métaphysique dans une Afrique rêvée 

Combat de nègre et de chiens est pour moi une grande pièce sur la peur, la dissimulation, le mensonge, le commerce que nous entretenons avec la culpabilité et la mauvaise conscience. Koltès disait : « Cette pièce ne parle pas de l’Afrique, car je ne suis pas un auteur africain ». En effet, le sujet n’est pas tant l’Afrique qu’un microcosme européen fermé confronté à l’inconnu, au mystère, au sacré, dans ce continent des peurs qu’est pour nous l’Afrique. Nous savons ce que la richesse de notre continent doit au pillage des ressources de ceux qui se noient aujourd’hui dans le tombeau qu’est devenu la Méditerranée. Et plus notre sentiment de culpabilité est profond, plus le racisme est fort pour nous couper de ceux qui pourraient nous reprocher de vivre comme des chiens. 
 

Comme le ferait Shakespeare, qui d’après Wietkewiecz touche à la forme la plus pure du théâtre parce qu’il théâtralise ce qui est à l’intérieur, Koltès transforme cette culpabilité en personnage, Alboury, cet autre noir qui porte le nom d’un roi, ce frère venu avec entêtement, opiniâtreté, demander une seule chose : le corps de celui qu’on a écrasé, dissimulé, fait disparaître dans un tuyau de merde pour continuer à vivre sans le voir, sans que sa dépouille n’inquiète notre mauvaise conscience.


Thibaut Wenger

Générique

Distribution : Avec Berdine Nusselder, Fabien Magry, Thierry Hellin, François Ebouele

Scénographie Arnaud Verley.Costumes Claire Schirck. lumières Matthieu Ferry. Musique et sons Geoffrey Sorgius, Grégoire Letouvet

 

Production

Coproduction : Premiers actes, Théâtre des Martyrs / La Servante, La Filature – scène nationale de Mulhouse, Relais culturel régional de Thann. 
Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles / Service du théâtre, du Ministère de la Culture / DRAC Alsace, de la Région Alsace, du dispositif Arts vivants en Alsace / Les Régionales, de la SPEDIDAM et de l'ADAMI.
Accueil en résidence au Relais culturel régional de Thann. 

 

7 & 8 octobre 2020 | 20h


Durée : 2h20

Entrée sur réservation dans la limite des places disponibles et dans le respect des normes sanitaires.

Port du masque obligatoire.

Salle de spectacle
46 rue Quincampoix
75004 Paris

Tarif : 10€
Tarif réduit : 8€
Tarif groupe : 5€
Adhérents : 6€

Thibaut Wenger

Thibaut Wenger suit des études de cinéma, puis se forme à l’Institut National Supérieur des Arts du Spectacle de Bruxelles dont il sort diplômé́ en mise en scène. Il monte alors les pièces La Cerisaie et Platonov d’Anton Tchekhov, Dors mon petit enfant de Jon Fosse, Lenz et Woyzeck de Georg Büchner, L’Enfant froid * de Marius von Mayenburg, La Mission d’Heiner Müller, ... Jouant parfois dans ses propres spectacles, il est également comédien dans des mises en scène de Sabine Durand et Adeline Rosenstein. En parallèle, Thibaut Wenger travaille comme pédagogue en Belgique et au Sénégal et dirige le festival Premiers Actes en Alsace de 2008 à 2013. 

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