Festival Francophonie métissée #FFM28
Marie-Francoise Plissart

#FFM28 Final Cut

Myriam Saduis / compagnie défilé

Final Cut est lauréat deux fois aux Prix Maeterlinck 2019 (prix belges de la critique) dans les catégories « meilleur spectacle » et « meilleure actrice »

 

« Elle a occupé toute la scène de mon enfance et de mon adolescence, cette folie maternelle. Mon père se tenait là, comme flouté, comme ces négatifs photographiques que ma mère n’avait pu se résoudre à jeter. Il est vrai : elle l’avait refoulé aux frontières, ce spectre, cet étranger, dont elle avait voulu effacer jusqu’au nom. » 

Ce monologue-en-duo, plein d’images et de chansons, dit le refus de se laisser briser. La brisure fait place à l’enquête, et l’enquête ouvre au monde. Le grand Monde et les petits mondes sont ici tout emboîtés : paranoïa d’Empire et paranoïa des familles. Mais rien ne peut en faire taire le récit : vif, documenté, millimétré. 
 


Le 10 octobre à 18h30, en préambule de la seconde représentation, se tiendra une rencontre sur les enjeux de narrations post/coloniales. Rencontre en entrée libre, réservation conseillée ici. 


Conversation entre la philosophe Seloua Luste Boulbina et la metteure en scène Myriam Saduis



Le partage inégal de la parole selon le genre, la race, la classe etc, s’il est bien historiquement établi, n’en rencontre pas moins, depuis toujours, rébellions, résistances et oppositions. Ce sont elles qui ont entamé le monopole de quelques-uns sur le reste du monde. Loin d’être condamné.e.s au silence, les lanceurs et lanceuses de fronde se sont emparé.e.s de la première personne pour parler en leur nom, à la première personne. Final cut!



Seloua Luste Boulbina est philosophe, ancienne directrice de programme au Collège International de philosophie à Paris (2010-2016), actuellement chercheuse (HDR) à l’Université Diderot Paris 7. Théoricienne de la décolonisation, elle s’intéresse aux questions coloniales et postcoloniales, dans leurs dimensions politiques, intellectuelles et artistiques. Elle a publié Les Miroirs vagabonds ou la décolonisation des savoirs (arts, littérature, philosophie) (Les Presses du réel, 2018), L’Afrique et ses fantômes, Écrire l’après (Présence Africaine, 2015), Les Arabes peuvent-ils parler ? (Blackjack 2011, Payot Poche 2014), Le Singe de Kafka et autres propos sur la colonie (Sens Public, 2008) et Grands Travaux à Paris (La Dispute, 2007). Elle a dirigé de nombreux ouvrages dont Dix penseurs africains par eux-mêmes (Chihab, 2016), Décoloniser les savoirs (La Découverte, 2012), Monde arabe : rêves, révoltes, révolutions (Lignes, 2011) ; Un monde en noir et blanc (Sens Public, 2009) ou Réflexions sur la postcolonie (PUF, 2007).

Dans la presse

Myriam Saduis, lauréate des Prix Maeterlinck : engagement citoyen et féminisme. Psychanalyste, autrice, metteuse en scène, elle se révèle également actrice. Et obtient, avec “Final cut”, le Prix Maeterlinck du meilleur spectacle et celui de la meilleure comédienne.
Marie Baudet, La Libre.be - Article ici -

Partant du plus intime, Myriam Saduis tisse avec une constante justesse de ton un spectacle bouleversant sur la manière dont l’histoire, en l’occurrence celle de la colonisation, peut briser la raison des individus. » (26 juillet 2019, « Nos 20 spectacles préférés à découvrir ces prochains mois en tournée
Le Monde, Fabienne Darge


Un grand moment de théâtre (...) une confession lucide, sans exhibitionnisme, sur une douleur lentement maîtrisée, une réflexion toujours actuelle sur le racisme ordinaire et un art, impressionnant, du récit et de la présence scénique.
Christian Jade, RTBF.be

Une recherche de la vérité non dénuée d’humour et surtout bouleversante.
Le Figaro, Etienne Sorin - 12 juillet 2019

La fillette que fut Myriam, fruit des amours interdites de l'Italienne et de l'Arabe, revit donc, vêtue comme une poupée, chosifiée, niée, avec 'ces satanés cheveux qui font toujours des nœuds'. [...] Le théâtre, lieu de la parole articulée, installe alors gravement une thérapeutique d'âme où passe le souffle de celui qu'on a voulu effacer.
L'Humanité, Muriel Steinmetz - 11 juillet 2019

Dans le noir, rallumer la lumière. Dès [les] premiers mots prononcés par Myriam Saduis, assise derrière un bureau tout simple, on sent que la parole est pour elle une conquête. [...] Son exploration est devenue au fil des années un passionnant récit-fleuve. [...] Qu’elle soit inspirée d’un fait divers ou qu’elle naisse d’une expérience vécue par celle qui s’en fait la narratrice, la parole au cœur de ces deux spectacles du off [Final Cut et Disparu de Cédric Orain] est animée par une urgence qui se passe de dramatisation. Pas un cri, pas une larme.
Politis, Anaïs Heluin - 9 juillet 2019

Générique

Conception et écriture Myriam Saduis
Avec Myriam Saduis et Pierre Verplancken
Collaboration à la mise en scène Isabelle Pousseur
Conseillers artistiques Magali Pinglaut et Jean-Baptiste Delcourt
Création lumière Nicolas Marty
Création vidéo Joachim Thome
Création sonore Jean-Luc Plouvier
(avec des extraits musicaux de Michel Legrand, Mick Jagger / Keith Richards, Amir ElSaffar)
Ingénieur son et régisseur vidéo Florent Arsac
Mouvement Nancy Naous
Création costumes Leila Boukhalfa
Collaboration à la dramaturgie Valerie Battaglia
Construction Virginie Strub
Maquillage et coiffure Katja Piepenstock

 

Production

Production Theatre Ocean Nord
Coproduction Defile a.s.b.l., la Coop asbl, FWB CAPT Service du Theatre
Soutiens Federation Wallonie-Bruxelles, Shelterprod, Taxshelter.be, ING, Tax-Shelter du
Gouvernement fédéral belge
Final Cut a été créé en novembre 2018, au Théâtre Océan Nord a Bruxelles, dans le cadre du
Festival Mouvements d’identité initié par Isabelle Pousseur, directrice du théâtre.

 

9 et 10 octobre > 20h30

Le 10 octobre à 18h30, en préambule de la seconde représentation, se tiendra une rencontre sur les enjeux de narrations post/coloniales. Rencontre en entrée libre, réservation conseillée ici. 

Salle de spectacle
46 rue Quincampoix
75004 Paris

Tarif : 10€
Tarif réduit : 8€
Tarif groupe : 5€
Adhérents : 6€

Myriam Saduis

C’est lors de stages au Théâtre du Soleil, sous la direction d’Ariane Mnouchkine, que Myriam Saduis fait l’expérience décisive du théâtre. Elle étudie ensuite le theatre à l’INSAS a Bruxelles, travaille en tant qu’actrice pendant plusieurs années, puis se tourne vers la mise en scène.

Parallèlement à sa pratique artistique, elle a travaillé quinze ans en milieu psychiatrique ou elle a mené des ateliers de théâtre avec des personnes en difficulté. Elle est également formée à la clinique psychanalytique.

En janvier 2012, Myriam Saduis crée La nostalgie de l'avenir d'après La Mouette d'Anton Tchekhov, dont elle signe l'adaptation et la mise en scène au Theatre Océan Nord. La nostalgie de l'avenir a tourné en France et en Belgique lors de la saison 2013-2014. Le spectacle a été primé deux fois aux Prix belges de la critique 2012 : « Prix de l'espoir féminin » pour Aline Mahaux ; « Prix de la mise en scène » pour Myriam Saduis. 

En 2015 : création d'Amor Mundi d'après Hannah Arendt au Théâtre95 de Cergy-Pontoise en coproduction avec le Théâtre Océan Nord à Bruxelles. Texte de Myriam Saduis et Valérie Battaglia. Amor Mundi a été nominé deux fois aux Prix de la Critique belge 2016 : pour la mise en scène et pour le prix de l’interprétation féminine (Mathilde Lefèvre).

En 2018, Myriam Saduis crée Final Cut qu’elle écrit, interprète et met en scène avec la collaboration artistique d’Isabelle Pousseur, Magali Pinglaut et Jean-Baptiste Delcourt. 

 

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