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41ème Festival Cinéma du réel

« Fabriquer le cinéma »

Le CWB programme une séance qui s’inscrit dans le cadre de « Fabriquer le cinéma », établie en concertation avec Catherine Bizern - Déléguée générale & Directrice artistique du Festival.

Lundi 18 mars > 19 heures

Misère au Borinage de Joris Ivens et Henri Storck

Crise dans le monde capitaliste. Des usines sont fermées, abandonnées. Des millions de prolétaires ont faim! C’est sur ces mots de manifeste et de révolte que s’ouvre ce film fondateur du cinéma belge et une des références les plus importantes du film documentaire.

En 1932 une grande grève avait paralysé les charbonnages de Wallonie et la réponse patronale et policière avait été sans pitié, le tout dans la sous information et l’indifférence de la majorité du pays. André Thirifays, Pierre Vermeylen et tous les jeunes gens du Club de l’écran indignés décidèrent de témoigner de cette misère noire avec leur arme à eux, une caméra.

suivi de

Les Enfants du Borinage. Lettre à Henri Storck de Patric Jean - en sa présence
(Belgique – 1999 – 54 min.) copie numérique

Sur les traces du grand documentariste belge Henri Storck (1907-1999), Patric Jean met en parallèle deux époques (1933-1999) et déplore en cette fin de siècle une misère toujours présente… pire, intolérable aujourd’hui. Sous forme de lettre-film adressée à Henri Storck, sa caméra s’attarde dans les familles, dans les quartiers, auprès des responsables politiques locaux pour illustrer la transmission de la misère intellectuelle et de la pauvreté d’une génération à l’autre.

Ce qui étonne, c’est le silence qui entoure les pauvres : à force d’être méprisés, ils se méprisent eux-mêmes. Ils souffrent, en silence, dans une violence de tous les jours.

 

"Après la vision de "Misère au Borinage" de Storck et Ivens, je décide de retourner au Borinage, lieu de mon enfance, pour écrire une lettre-film à Henri Storck à propos de la misère sociale qui s'est perpétuée jusqu'à mon époque. Faux candide, je découvre dans les quartiers les plus pauvres, les conséquences les plus ignobles de "l'horreur économique". Jour après jour, la lettre fait découvrir une réalité de plus en plus brutale, parfois insoutenable. Elle tente de lever le voile sur un système social et économique qui justifie la misère totale ou, pire, la dissimule. La juxtaposition des images de 1933 et d'aujourd'hui me surprend. Privées d'éducation et d'instruction, les générations se suivent et perdent jusqu'à leur capacité de revendiquer. À force d'être méprisés, ils se méprisent eux-mêmes. Ils souffrent en silence dans une violence de tous les jours."

 

Patric Jean. (1997) dans la série "Utopie(s) en marche".

Dans la presse

Patric Jean ne mâche pas ses mots. Ce jeune réalisateur frais émolu de l'INSAS a réussi la gageure, rarement atteinte de nos jours, de redorer le blason du genre. Voilà donc un documentaire véritablement poignant, radical et militant qui n'hésite pas à dénoncer une situation sociale des plus alarmantes comme à mettre en accusation l'appareil de l'Etat belge.
Sandrine Fillipetti - BREF n°45 - été 2000

18 mars 2019 19:00
Salle de cinéma
46 rue Quincampoix
75004 Paris

Tarifs : 5€, 3€ (réduit)

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