Si la page ne s'affiche pas, cliquez ici !!!
Transquinquennal
Entretiens
Chapeau : Ce collectif théâtral bruxellois travaille depuis plus de dix ans sur le quotidien, la matière vivante et contemporaine, seuls ou en collaboration avec des auteurs. Dans une pratique collective où chacun est dépositaire de l'œuvre et de son sens, Transquinquennal questionne l'“ici et maintenant” du théâtre, le présent de la représentation et la multiplicité de ses formes.
Source : Centre Wallonie Bruxelles (
http://www.cwb.fr)
Genre : spectacle (Mots-clés : )
Genre Ressource : entretien
Genre Agenda : théâtre
TRANSQUINQUENNAL compagnie de théâtre
transquinquennal2.jpg ()
Texte : Transquinquennal, c’est aussi l’histoire de deux comédiens qui jouaient au badminton dans le parc de Bruxelles et qui, entre deux services, se sont avoué le pire : il s’emmerdaient sur les planches.
Pierre Sartenaer et Bernard Breuse ont créé le collectif Transquinquennal, en 1989. Ils furent vite rejoints par Stéphane Olivier et Miguel Decleire et plus tard, Cecile Renchon.
La Compagnie Transquinquennal et ses protagonistes parlent de leurs parcours artistiques (et de leur spectacle Zugzwang créé à Bruxelles au Théâtre les Tanneurs, en décembre 2001 et présenté à la Ferme du Buisson, à l'occasion de la manifestation "Temps d'Images").
Entretiens réalisés par Valérie Cordy ou le questionnement d'une jeune metteuse en scène à de jeunes créateurs. VALERIE CORDY : Dans votre démarche, vous avez une forte relation au présent…
BERNARD BREUSE Tout le monde monte des grands textes, des classiques.
PIERRE SARTENAER J'aime bien monter du contemporain parce que j'aime bien aller à la plage quand il n'y a pas trop de monde. Il y a un espace qui m'est octroyé et j'y suis bien pour faire mes pâtés, je peux me poser des " bêtes questions " ce qui est très agréable. Ces questions qu'on n'ose pas poser aux gens sérieux, aux auteurs sérieux.
B.B. C'est aussi l'idée que le théâtre fait sans arrêt des " remake ". C'est l'équivalent de la musique classique. Est-ce qu'on doit tous faire de la musique classique ? Est-ce qu'on doit tous jouer le Requiem de Mozart ? C'est très beau, c'est indéniable. Mais ce qui est en jeu n'est pas la variation mais le discours sur le discours…
P.S. Jouer du contemporain n'a jamais été une revendication, c'est devenu une sorte de label et on a fini par dire qu'on faisait du contemporain. C'est la réponse en droite ligne du questionnement qu'on avait vis à vis de l'implication. C'est presque une évidence. Il faut passer par là.
B.B. Je crois que c'est la première fois dans l'histoire du théâtre que le rapport est renversé et qu'on joue autant d'auteurs classiques. On joue de l'ordre d'un cinquième d'auteurs contemporains. C'est le signe de quelque chose. Franck Zappa parlant du jazz répondait à la question : est-ce que le jazz est mort par : je ne sais pas mais en tout cas il sent drôlement. Je ne sais pas si le théâtre est mort mais ça schlingue…
V.C. Comment sont nés vos spectacles ?
P.S. On a travaillé avec des auteurs qui nous ont fait confiance et à qui on a fait confiance. Avec Philippe Blasband nous faisions un travail d'échange de points de vue sur ses textes. Cela nous permettait d'aller de rectifications en rectifications. Il y a eu d'autres formules. J'ai travaillé sur un texte de Philippe avec Frédéric Fonteyne sans Bernard et Stéphane. Le texte a été écrit à l'avance et nous ne sommes pas intervenus dessus. Pour reprendre une citation de Bergman lors d'une interview, où on lui pose une question analogue : Assiette variée ! Chaque spectacle a sa propre histoire. On essaye d'avoir un dialogue avec les différents partenaires. Si un auteur arrive avec une pièce que l'on trouve excellente et qu'il n'a pas envie de discuter, on peut encore négocier et voir si on a toujours un intérêt à monter cette pièce dans ces conditions-là. C'est rarement arrivé. Nous avons travaillé principalement avec trois auteurs : Savitzkaya (3 spectacles), Blasband (4 spectacles), Rudi Bekaert (2 spectacles). Dans le même esprit, nous avons également écrit des spectacles nous-mêmes pour nous confronter à l'écriture, rencontrer nos propres limites. Il y a eu Chômage dont l'écriture collective à trois a pris beaucoup de temps.
B.B. Nous avons aussi travaillé des interrogations sur la ville et le quotidien. Au départ d'une commande de la première édition du Kunsten/Festival des arts qui avait été faite à Philippe Blasband.
V.C. Vos rapports avec les autres arts…
P.S. Ce qui m'intéresse le plus aujourd'hui, c'est l'art de la représentation. Quand je vois des installations plastiques de certains artistes, je trouve que leur travail est proche du nôtre. Certains spectacles de danse aussi me semblent plus proches de nous que des spectacles de théâtre auxquels il m'arrive de ne rien comprendre. Il y a un art de la représentation. J'ai fait un spectacle de danse récemment, pour moi c'est la même chose, seuls les moyens techniques diffèrent. On travaille sur le sens. C'est le sens qui prime et cela se décline partout. Il n'y a pas de frontière, seulement des limites par rapport à nos capacités objectives, techniques de créer. Nous repoussons nos limites parce qu'il me semble qu'une tension existe entre nos impossibilités, qu'elles soient physiques ou qualitatives, et l'idée, le sens, mis en jeu. Ce contraste créé entre ces deux pôles les met en lumière l'un l'autre. Sur un plan théâtral, c'est ce qui m'intéresse le plus actuellement. Il y a une distanciation immédiate. Cette opposition est très jouissive et ludique. Le spectacle Zugzwang part d'un concept plus que d'un texte. Les rencontres avec Blasband, Savitzkaya et Bekaert ont été des hasards de la vie. Il est très difficile de rencontrer un auteur en allant à la pioche. Le fait de partir d'un concept et être capables d'en faire quelque chose nous offre beaucoup de liberté. Si on ne trouve pas d'auteur, on fait autre chose : on travaille sur une idée. Je ne me sens plus tributaire du bon auteur à trouver ou de la relation qui pourrait renouveler notre travail. Zugzwang a été complètement pensé par nous. Il n'est ni le spectacle d'un auteur, ni celui d'une thématique comme cela a été le cas (ou perçu comme tel) avec Chômage…
Tiré de www.wbtd.be
Inséré le : 20/02/2007 17:39