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La Fille de Abbas
Chapeau : La fille de Abbas, mise en scène par Lotfi Yahya Jedidi, est un formidable outil d’analyse pour qui s’intéresse aux questions de l’immigration-émigration
Date : à 20h30 sauf dimanche à 17h
Source : Centre Wallonie Bruxelles (
http://www.cwb.fr)
Genre : spectacle (Mots-clés : )
Rubrique : 2005-2006
Lotfi YAHYA JEDIDI Metteur en scène
la_fille_de_abbas_-_copie.jpg (crédits : Danièle Pierre / titre : La fille de Abbas / )
du 24/03/2006 00:00 au 26/03/2006 00:00
Salle : Librairie Wallonie-Bruxelles
46, rue Quincampoix
01 42 17 58 03
Paris 75004 France (Ile-de-France)
Texte : La fille de Abbasd’après les entretiens d’Abdelmalek Sayad publiés dans
la Misère du Monde, sous la direction de Pierre Bourdieux, éditions du Seuil
Adaptation, scénographie et mise en scène de Lotfi Yahya JedidiSi l’immigration pose mille questions qui touchent à l’estime de soi, à l’identité, à la transmission,
La fille de Abbas, y répond avec précision et profondeur.
La fille de Abbas est une adaptation théâtrale qui fait se croiser trois entretiens : deux – La malédiction et L’émancipation- menés par Abdelmalek Sayad et parus dans La Misère du Monde, ouvrage publié sous la direction de Pierre Bourdieu (Ed.du Seuil, 1993), et un issu de Histoire et recherche identitaire (ed.Bouchene, 2002) dans lequel Abdelmalek Sayad livre sa position de fond.
Dans La malédiction, c’est Abbas, ouvrier aujourd’hui retraité, qui prend la parole. Dans L’émancipation, c’est Farida, femme de 35 ans, qui raconte sa vie. Farida, bien qu’elle ne le soit pas, pourrait être la fille aînée de Abbas tant elle lui ressemble, tout comme d’ailleurs Abbas ressemble à bien d’autres travailleurs immigrés.
Mots-clés : Théâtre contemporain, artiste belge, comedien
Inséré le : 25/01/2006 16:31
Date
du 24/03/2006 au 26/03/2006
Biographie
Née à Tanger Lotfi a fait ces études de théâtre à l’I.N.S.A.S de Bruxelles. Sorti en 1985, il a notamment été dirigé par I.Pousseur, C.Joris, X.Lukomski, B.De Coster, M.Wykaert, A.Delcampe et bien d’autres. Il aborde alors Sophocle, Molière, Becket, Labiche, Wedekind, Deutsch… Ensuite il y eu ses retrouvailles avec son professeur de théâtre
M. Dezoteux avec lequel il partage sur plusieurs saisons une expérience de troupe au Théâtre Varia. Il aborde avec lui Shakespeare, Müller, Strindberg, Schwab, Brecht.
Au cinéma, il travail sous la direction en autre de P.P.Renders, J.P.Jenet et M.Caro, H.Cleven, A.Robe Grillet…
Il signe avec « La fille de Abbas » sa première mise en scène.
Revue de presse
« Comment vivre ici sans vivre comme ici »
« …Le choc des cultures, celui des générations, des sexes et des traditions: tout surgit limpide, dans une simplicité d'espace et de jeu. L'état de crise est là, constaté, jaugé mais pas forcément jugé. Respecté, plutôt. Au centre, l'indépendance de cette fille agira comme signal emblématique de cette crise, cette vaste remise en question. Focus alors sur les questions plus larges que suscite celle de l'immigration: celle d'une société tout entière, dans son fonctionnement.
Dans la forme, puisque le texte est très dense, puisque témoignages et discours forgent ici le théâtre, l'option de la simplicité évite l'écueil de la lourdeur. Cette densité requiert forcément encore du rodage pour ce spectacle qui ira certainement grandissant. Qui en tout cas répond pleinement et subtilement aux intentions du metteur en scène: répondre à un «public inquiet de comprendre ce qu'il y a dans la tête de l'Arabe», mais aussi comme «mémento pour les enfants et les petits-enfants de tous les Abbas». Sarah Colasse -La Libre Belgique 24/02/2055
« Etre ou ne pas être d’ailleurs »
« …Pas d’éclats de voix : juste de la colère, de la fureur, des larmes parfois. Face à nous dans une scénographie qui révèle peu à peu ses surprises, les protagonistes vont longuement prendre la parole, comme pour une confidence. Le père, joué par Lotfi lui-même, magnétique, dit son sentiment de perte, de nostalgie. Le temps m’a vaincu, mais pas convaincu, lance un homme qui, las de s’accrocher à ses principes, a décidé de tolérer l’évolution de ses enfants. Sa fille, incarnée avec émotion par Séloua Mhamdi, confie sa douleur d’avoir grandi sous ce flot de questions. Et la parole du sociologue, relayée par Amid Chakir (un peu fragile dans ses mots), résume bien le grand écart entre ces sentiments.
La fille de Abbas, malgré son côté verbeux est un spectateur bouleversant, parce qu’il se confronte à la question de l’identité. Qui sommes-nous ? C’est la plus vieille question de l’humanité. Et toujours la plus brûlante. »
Laurent Ancion - Le Soir 28/02/2005