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Les Animaux
Chapeau : Après Trachées, présenté au Centre Wallonie-Bruxelles en mars 2004, Les Animaux est le second volet d’un triptyque entamé avec l’auteur Olivier Coyette, intitulé La Part Manquante.
Date : à 20h30 sauf dimanche à 17h
Source : Centre Wallonie Bruxelles (
http://www.cwb.fr)
Genre : spectacle (Mots-clés : )
Rubrique : 2005-2006
Olivier COYETTE auteur
Valéry WARNOTTE Metteur en scène
20051123_nico_248.jpg (crédits : Nicolas Tremelet/Otra Vista / titre : Les Animaux / )
fiche_les_animaux_-_nicolas_tremelet._otra_vista.jpg (crédits : Nicolas Tremelet/Otra Vista / titre : Les Animaux / )
fiche_2_les_animaux_-_nicolas_tremelet._otra_vista.jpg (crédits : Nicolas Tremelet/Otra Vista / titre : Les Animaux / )
fiche_3_les_animaux_-_nicolas_tremelet._otra_vista.jpg (crédits : Nicolas Tremelet/Otra Vista / titre : Les Animaux / )
fiche_4_les_animaux_-_nicolas_tremelet._otra_vista.jpg (crédits : Nicolas Tremelet/Otra Vista / titre : Les Animaux / )
du 07/03/2006 00:00 au 12/03/2006 00:00
Salle : Librairie Wallonie-Bruxelles
46, rue Quincampoix
01 42 17 58 03
Paris 75004 France (Ile-de-France)
Texte : LES ANIMAUXTexte d'Olivier Coyette
Mise en scène de Valéry Warnotte
Road-movie en deux époques et un épilogue
Après
Trachées, présenté au Centre Wallonie-Bruxelles en mars 2004,
Les Animaux est le deuxième volet d’un triptyque portant sur la « part manquante », c’est-à-dire sur tout ce qui empêche l’Homme d’être Humain. Ce triptyque pose la question de la violence, de la culture et de l’éducation, de la responsabilité.
Les personnages pérégrinent sur un chemin sensé les mener vers leur réalisation identitaire, mais un tout autre destin les attend…
Création les 3 et 4 mars à La Ferme du Buisson
Du 7 au 12 mars au Centre Wallonie Bruxelles à Paris
Du 24 mars au 1 avril au théâtre de la Balsamine à Bruxelles
Mots-clés : Théâtre contemporain, artiste belge, comedien
Inséré le : 25/01/2006 15:53
Date
du 07/03/2006 au 12/03/2006
Distribution
Les AnimauxTexte d'Olivier Coyette
Mis en scène par Valéry Warnotte
Scénographie : Fabien Teigné
Musique : Frédéric Lamarre
Conception Vidéo : Wilfried Wendling
Lumière et Régie Générale : Cédric Lemaignen
Assistante à la Mise en Scène : Isabelle Clement
Images : Valéry Warnotte, Isabelle Clement, Fabrice Destagnol
Avec : Damien Bigourdan, Pierre-Yves Chapalain, Philippe Gaulé
Coproduction : Compagnie l’Intervention, La Ferme du Buisson- Scène Nationale de
Marne-La-Vallée, Centre Wallonie-Bruxelles à Paris et le Théâtre de la Balsamine à Bruxelles.
Biographie
Valéry Warnotte est né en Belgique en 1977. Il est comédien et metteur en scène. Après des études d’Histoire de l’Art, il entre au cours Florent. Il met successivement en scène Court-circuit d’Olivier Coyette et Partage de Midi de Paul Claudel. En 2000, il crée sa compagnie L’Intervention avec laquelle il met en scène Elle de Jean Genet. En 2002, il monte pour le Théâtre des Chiroux à Liège et le Colombier à Bagnolet, On purge bébé de Georges Feydeau et Mort de Judas – Le Point de Vue de Ponce Pilate de Paul Claudel. Comme comédien, il a travaillé sous la direction de Edward Bond, Olivier Py, Philippe Adrien, Michel Archimbaud, Michel Fau, Olivier Coyette, Stéphane Auvray-Nauroy, Jean Gillibert…
En 2003, il fait partie de la sélection des jeunes metteurs en scène présents au Festival de Théâtre des Amériques à Montréal. Il joue dans Drôles d’Elizabeth Mazev mis en scène par Fabien Teigné au TAPS à Strasbourg.
En 2004, il crée Trachées d’Olivier Coyette au Centre Wallonie Bruxelles à Paris.
Olivier Coyette est né à Bruxelles en 1975. Il est auteur, comédien et metteur en scène plus récemment. Diplômé en Lettres Modernes et actuellement en Doctorat d’Etudes Théâtrales à Paris III - Sorbonne Nouvelle, il est sorti avec un Premier prix du Conservatoire de Bruxelles et a obtenu une bourse de la Fondation belge de la Vocation en 1999 et enfin, il a été accueilli en résidence d’écriture à la Chartreuse de Villeneuve-lez-Avignon. A ce jour, Olivier Coyette a écrit une quinzaine de pièces dont certaines ont été mises en scène. Parmi celles-ci, L’évanouie et Des plâtres qu’on essuie par Bruno Blairet à Théâtre Ouvert et une mise en voix de Forfanteries par Christian Schiaretti, à Théâtre Ouvert.
En 2004, il met en scène La chambre noire de François Clarinval au Théâtre de Poche à Bruxelles
Revue de presse
Comment vivre ensemble ? Catherine Robert
mercredi 3 mars 2004
Trachées Centre Wallonie-Bruxelles
Trachée : conduit respiratoire dont l’obstruction provoque l’étouffement. La pièce d’Olivier Coyette, mise en scène par Valéry Warnotte, présente l’affrontement de trois jeunes gens, naufragés en eux-mêmes et mentalement hallucinés à force d’asphyxie. Dans une ambiance d’apocalypse à l’instabilité axiologique appuyée par un décor constamment modifié, les trois personnages mesurent leur fragilité à l’aune de leur capacité à blesser, et alternent domination et soumission, comme s’il n’y avait pas d’autres modalités du rapport à l’autre que celles qu’impose la violence. Trachées : pièce-choc entre éruption et éructation, désillusion et malaise, qui permet de découvrir deux jeunes créateurs belges.
Perte du sens, renversement des valeurs, agonie de l’humanisme sur l’autel des idéologies individualiste et libérale : leitmotiv de l’époque et credo des incrédules revenus de tout et qui pensent que le réel est l’opposé du possible et non plus son aboutissement. Monde crépusculaire où les valeurs, pâles fantômes n’impressionnant plus personne, errent sans qu’on veuille se donner la peine de les réincarner en postures et en actes. Désabusé, déçu par ses semblables et par lui-même, l’Occidental est assis au bord des fleuves de Babylone et pleure.
Certaines ½uvres sont marquées par leur époque. Sans que cela entame sa valeur littéraire et dramatique en le réduisant à une expression symptomatique, c’est le cas du texte d’Olivier Coyette.
On y entend, mêlée d’angoisse, la nostalgie de l’enfance, le deuil du simple et le refus du simplisme, l’apparent renoncement teinté de cynisme, et l ‘éloge, en creux, de ce qui fait la délicatesse des choses et des êtres : coup pour caresse, borborygmes et cris pour discours, viol pour amour, brutalité pour respect, grimace pour sourire, agonie pour extase. Toute la paradoxale alliance de douceur et de violence du texte de Coyette tient au fait que la seconde est portée par l’adresse des personnages entre eux, alors que la première n’est présente que dans les soliloques ou les réflexions intimes. Lorsque vient une déclaration d’amour, elle est foulée aux pieds, méprisée et aussitôt transformée en gage de soumission. On assiste à une sorte d’écriture de la schizophrénie : la plainte à soi de l’absence d’amour, l’échec à l’autre de son expression. Et comme si toute blessure infligée était une forme d’automutilation, les personnages ne se font mal entre eux que pour mieux se faire mal à eux-mêmes, persuadés, tous, de ne rien valoir.
Ne peuvent créer de valeurs, donc, que ceux qui croient pouvoir valoir quelque chose. Tel est peut-être le problème de l’époque : non pas tant que les valeurs soient mortes, mais que ceux qui les regrettent ne s’estiment pas assez pour les porter. La rédemption, ça n’existe pas : voilà ce qu’affirme Shek, sorte d’autiste perfusé à la Pils. Autrement dit, ni salut ni sauveur, et pas de rachat puisque ce qui est à racheter n’a pas de prix et que ceux qui pourraient l’acheter ne s’en donnent pas les moyens, persuadés de leur dévaluation radicale. Ils n’ont même pas la force d’aller acheter du café, pourtant excellent cardiotonique : pour des c½urs qui battent sans savoir pourquoi, pour des encéphalogrammes revendiquant leur platitude, pour des êtres acculturés (Shek avoue ne plus savoir écrire son nom), plus besoin d’excitant…
La scénographie de Fabien Teigné, assisté d’Isabelle Clément, installe les personnages au milieu de nulle part, dans un décor qui évolue sans cesse : toujours les mêmes éléments, mais un agencement différent à chaque scène qui dilue les repères topographiques à l’instar de tous les autres. Olivier Coyette, Philippe Gaulé et Amandine Pudlo, dirigés par Valéry Warnotte, jouent sur le fil de la distanciation, à la fois dedans et dehors, signe peut-être de la pathologie mentale de ces aliénés dont l’Autre, d’où et à qui ils parlent, semble bien être le Néant.
La mise en scène n’entend sombrer ni dans le réalisme ni dans le psychologisme. Les effets théâtraux sont assumés et presque revendiqués (les techniciens changent à vue les décors sans dissimulation ni simulacre). « D’une façon générale, j’aime partir du principe que nous sommes au théâtre, et pas ailleurs. Cela signifie que je suis plutôt pour un travail qui assume le principe de la convention théâtrale, à l’intérieur duquel les situations sont poussées à leur paroxysme, en privilégiant l’émergence de la parole poétique. », dit Valéry Warnotte. Le jeune metteur en scène et ses complices veulent imaginer un théâtre qui soit « un lieu où l’on créerait de l’humanité ». En d’autres temps, on aurait appelé cela un maquis…
Catherine Robert